Le sieur Jean-Luc-sur-son-blanc-destrier a fait la peau au dragon qui gardait mes Très-Saintes-Pattes-de-Mouche et terrorisait par la même occasion les braves gens vivant dans les vertes contrées de ce pays merveilleux, et cela depuis, pfiuuuu, au moins une année...
Fabienne Franseuil est une brelle de la technique, mais l'euthanasie n'est pas autorisee dans ce beau pays. Vous pouvez la joindre via le mail à fabienne.franseuil[at]free.fr. A bonne entendeur...
Et puis vous pouvez aussi aller vous promener par :
lundi, décembre 21, 2009 Un petit dernier pour la route
Cette fois-ci c’est terminé. Je n’alimenterai plus Sans prétention. J’ai pris la décision il y a quelques jours mais je n’ai pu me résoudre à écrire ces quelques lignes. Je suis triste, vraiment, de perdre cet espace d’expression. J’ai beau m’exprimer ailleurs, sous d’autres formes, l’idée de poster le message que je suis en train d’écrire et que ce soit le dernier de ce blog qui m’a suivi plus de sept ans de ma vie, ça m’attriste.
Je n’ai pas dit mon dernier mot. Mais ce blog a pris trop de visibilité à mon goût pour que je puisse m’y exprimer librement. Je profite d’un petit événement, la réussite à mon concours, pour tourner cette page de ma vie.
Sur ce que j’avais prévu initialement, qu’est-ce que ça donne aujourd’hui ? Sans prétention, toujours, mais avec un bout de conscience de ma propre valeur. Avec aussi assez de confiance en moi pour me moquer des prétentieux, des suffisants et des donneurs de leçons. J’ai commencé ce blog jeune et en colère sur tant de choses, je le referme moins jeune et apaisée. Qu’importe si je rencontre encore des gens pour me dire que je devrais penser ci ou faire ça, m’imposant leur expertise de ma propre vie comme s’ils l’avaient vécue à ma place. Ca n’est plus si important aujourd’hui.
J’avais consciencieusement choisi mon patronyme : Franseuil. Je suis toujours au seuil, mais je sais le franchir quand c’est important de dire les choses. C’est ainsi que deux personnes sont entrées dans ma vie, et continuent à m’aider à rester vraie avec eux. J’ai appris durant ces sept années que certaines vérités ne sont parfois d’aucune utilité, et que la question de la franchise n’est pas pertinente dans toutes les situations.
J’ai parlé d’amour, évidemment. Amours diverses, au gré de mon évolution personnelle. Des prénoms qui se sont succédés, des galères communes ou bibliques, des conflits de fidélité, des moments glauques et gris, des retombées vertigineuses, des questionnements identitaires. Des feux lointains, mal éteints, alimentés, étoffant des émotions tellement différentes. Je m’alimente de cela.
Sans prétention m’a permis de faire de vraies rencontres, de belles rencontres. Des personnes avec lesquelles j’ai noué des liens qui se sont, selon les cas, soudés, désagrégés, distendus. De beaux être humains, avec leurs particularités, leur richesse, leur complexité. Je ne sais ce que tous sont devenus, j’en profite pour les saluer et leur dire merci, merci, pour les moments passés avec eux. C’est important, très important. Parfois il faut laisser les relations s’endormir paisiblement, parfois elles appellent un petit coup de pouce pour revivre. Ce post est peut être une occasion de reprendre des dialogues interrompus depuis parfois plusieurs années selon les envies des uns ou des autres.
Aller jeter ma gourme ailleurs sur le net n’est pas dans mes priorités pour le moment. Peut-être que je reprendrai un de ces quatre, peut-être pas. Ceux qui souhaitent continuer à me suivre, envoyez moi un mail, si je rouvre boutique je vous tiendrai informés.
Merci pour votre écoute et votre présence.
6:35 PM
jeudi, novembre 12, 2009 Encore un non-post ?
J'écris beaucoup en ce moment. Des posts griffonnés dans un bloc-notes, des mots dans mon journal. Je ne publie pas. Je ne dis pas. Ca n'est pas le temps. Ca ne sera peut-être jamais le temps. Pour le moment ça n'est pas mon problème. J'ai les miens. Ils sont multiples. Pas innombrables, juste multiples. Je les attaque l'un après l'autre, en bonne petite élève.
Je suis admissible. Je l'ai appris vendredi dernier. Une étape de franchie dans la résolution d'un des problèmes.
Après, il faudra que je me demande vraiment pourquoi j'ai, encore maintenant, les yeux qui s'embuent et un grande vide triste quand j'écoute ça (c'est le live que j'écoute, mais je n'ai pas eu le courage d'affronter Deezer pour mettre cette version-là ce soir) :
lundi, septembre 28, 2009 Trouvé quelque part sur le Monde.fr
Ceci est un cri, un appel, et témoigne d’une croyance absolue en l’être humain. Nous sommes des milliers à ne pas entrer dans vos cases alors que vous avez absolument besoin de nous et que nous sommes à même de rendre ce monde meilleur.
Voilà. Là, il y a quelque chose d'important. C'est fou comme on peut ne pas voir ce que l'on a pourtant sous les yeux.
11:55 AM
mercredi, septembre 16, 2009 Heautontimoroumenos Me revoilà. Un concours passé, deux épreuves dans un hall avec à perte de vue des têtes penchées sur de petites tables. Plus de 5600 prévus. Les chiffres sont ridicules. Je me perds en conjectures pour les rendre plus acceptables. Des vieux fantômes. Sur le chemin, les dents serrées. "Tu m'as déçue". Je presse le pas, l'image se précise, plus je la chasse plus elle est nette. Ca fait longtemps pourtant. Ne me sépare maintenant de ce souvenir qu'une fine lamelle de verre à la surface parfaite. "Tu m'as déçue". Je réponds aux anciennes attaques par des coups que je n'ai jamais portés. J'aurais dû, alors, peut-être. Peut-être que je ne serais pas ce soir à écrire sur tout cela. Peut-être aussi que ça n'aurait rien changé. Au moment où j'ai fait mes choix, et mes non-choix, j'ai fait avec les cartes que j'avais en main. C'est curieux, maintenant que j'y pense, autant j'aurais été capable jadis de me prostituer pour une marque d'attention, autant j'avais une aversion très prononcée quant au fait d'être aimée pour ce que je n'étais pas. Les fantômes sont toujours là et il n'y a plus personne pour me donner le quittus. On ne remonte pas le temps de toutes façons. J'ai déçu, j'ai rarement déconné, je me suis relevée, un peu. Ce qui me traverse ce soir est un avatar d'un phénomène qui était jadis généralisé, au point que j'en étais venue à me demander s'il n'était pas inhérent à ce que j'étais. Plus je pense à mes deux épreuves, plus j'ai la sensation que ce que j'ai fait est bon à jeter, que c'est tellement honteux qu'il faudrait que je monte un commando rien que pour aller récupérer mes copies... Je relativise en me disant que je suis tout de même sortie relativement contente de la salle dans les deux cas, avec la sensation non pas d'avoir fait un truc parfait mais avec celle d'avoir fait de mon mieux. Et finalement, je crois que je ne peux pas attendre davantage de moi. Mais il m'est impossible d'éteindre mon cerveau. Je suis contente dans un accès de lucidité, d'avoir acheté la première saison de Sex and the City en occasion à Gibert. Je vais me regarder ça bien tranquille dans mon nouveau studio du nord de Paris. Elle est bizarre parfois la vie, mais y'a quand même des côtés vachement bien.
10:23 PM
dimanche, juin 07, 2009 I fuck your wife. Twice Aha. Deux fois en même pas un mois, une réalité paisible et heureuse se transforme en petit cauchemard. Tout se passe bien et puis plop, le sol se dérobe sous vos pieds. Je ne comprends pas pourquoi ça fait ça. Je me demande bien d'où va venir la troisième puisque ça peut arriver n'importe quand, et venir de n'importe qui.
2:51 PM
lundi, mai 18, 2009 Emmurée
Recroquevillée dans mon canapé, rideaux tirés, je me répète en boucle les mêmes questions inutilement. Quand est-ce que ça va s'arrêter ? J'ai pas très envie qu'on me dise « je te l'avais bien dit ». Je n'ai pas besoin de ça en ce moment. J'ai appris beaucoup de choses en quelques années. J'ai appris à aimer et respecter l'autre pour ce qu'il est. J'ai appris à me supporter, à m'apprécier, presque à m'aimer. Aujourd'hui je me déteste. Je me dis que pour traverser toutes ces emmerdes je dois bien avoir une responsabilité quelque part. Je sais qu'il y a une chose qu'il faut que j'aprenne, une chose indispensable à ma survie, à mon bien-être, peut-être à mon bonheur. J'ai du mal à le formuler. Je sais déjà qu'il va m'en coûter dans la mesure où je vais devoir abandonner au moins dans une certaine mesure une caractéristique que j'aimais bien chez moi.
On ne fait de mal qu'à quelqu'un qui existe.
3:32 PM
mardi, avril 28, 2009 J'ai le droit de dire (encore) que j'en ai un tout petit peu marre ?
Bon, j'avais trouvé un super appart dans la presque proche banlieue sud. Un appart que je te décris pas, tu vas comprendre pourquoi. Deux semaines de batailles pour rassembler les documents, puis vendredi un mail de l'agence disant qu'il y a un autre dossier qui part avec le mien. Tu sens le vent venir ? Ben moi aussi. Et ce soir j'ai la confirmation qu'il y a de belles enflures dans le domaine de l'immobilier. Je pestais contre mon agence qui n'avait pas fait un pas pour me faciliter la tâche quand j'ai dit que je m'étais faite agresser et que je ne pouvais plus envisager de rester ici, ben là j'ai un deuxième beau spécimen. Du coup que j'en crève ou pas je reste là où je suis parce que vu le topo je passerais tout mon temps pour que finalement l'agence me dise que les candidats que j'aurai trouvés moi-même sont trop ou pas assez.
Bon j'en rigole mais c'est pas la forme olympique pour tout te dire. J'ai prévenu mes très proches que j'allais exceptionnellement avoir envie, mais surtout besoin d'eux. Une situation difficile à admettre, mais que je peux me permettre, dans une certaine mesure. Inutile de te dire que j'ai recommencer à me narguilériser la face. Y'a des moments où c'est pas le moment. Une emmerde ne venant pas seule, Djer me fait un coup de trafalgar. Trois fois rien. Il va très bien mais dès qu'on gratte, la façade ouvre sur un malaise persistant. J'ai fait l'erreur de ne pas voir ça. Je n'aurais aucune légitimité à attendre de quelqu'un ce qu'il n'a pas, que ce soit temporaire ou permanent. D'autres peuvent me soutenir pour l'heure, et le principal est là.
Donc vu que je fais feu de tout bois, si jamais vous entendez parler d'un studio très abordable qui se libère en juillet, je suis toute ouïe.
Donc je reste dans mon appart folklo, avec mes voisins folklo. Ca ne durera qu'un temps. Mais quand même... une baignoire, merde !
11:10 PM
dimanche, avril 05, 2009 Un tout petit peu marre J'étais en train de penser à ma propre élévation spirituelle, à mes relations amoureuses et à ce manque dont j'ai pris conscience depuis quelques semaines, quand j'arrive chez moi. J'ai vu du théâtre ce soir, de la bonne qualité. Je joue demain. Il est tard. Je pousse la première porte, porte bleue. Remarque que la lumière est allumée, m'en étonne un peu, puis compose un second code, celui de la porte de mon escalier. Derrière moi, un corps, qui me pousse, puis commence à tirer sur mon sac à dos. En bonne naive, que je suis, je me dis qu'il est bien pressé de rentrer chez lui celui-là, me retourne. Le mec est en train d'essayer de me piquer mon sac, qu'il tire aussi fort qu'il peut. Donne ton sac. Je résiste. Pas de lame, pas d'arme, et puis merde, un mois entier de paperasse. J'oublie, détail, que dans mon sac il y a un capsecope et un pied. Le hasard est badin. Le mec continue à tirer. Me tire hors de la cage d'escalier, me traine en me filant des coups de pieds pour que je lâche. Deux copains viennent l'aider parce que décidément il a pas l'air de s'en sortir tout seul. Et là je crie. Ma panique, ma douleur, ma colère. La colère de la proie facile. La proie facile qui lâche son sac, qui lâche le reste aussi parce qu'elle fait pas le poids. Bordel. J'aurais laissé mon sac, ils auraient fait quoi les trois mecs ? Mais j'ai pas lâché mon sac. J'ai droit, autant qu'un autre, avec des couilles entre les jambes ou pas, au respect, à ce qu'on ne me fasse pas chier, à ce qu'on ne me fasse pas peur. Mais eux aussi ils ont eu peur quand j'ai commencé à appeler à l'aide. Criant à l'aide le plus fort que je pouvais. C'est rare de donner de la voix autant qu'on peut. Le plus ironique c'est que personne ne serait venu. Et que personne n'est venu. Personne. C'est... fatiguant de passer pour une faible femme, proie facile pour de petits voleurs à la tire. C'est fatiguant. Ca me fatigue de me dire que j'ai eu de la chance de pas être tombée sur des pros, qu'ils n'aient pas sorti un couteau ou un arme à feu. Marre. Demain j'irai porter plainte. J'ai mal au dos.
Du coup je cherche un appart du côté du 14e, porte d'orléans, alésia, ce genre de coins, Denfert dans l'idéal. Si jamais vous entendez parler de quelque chose...
P.S. post écrit avec la moitié d'une bouteille de Manzana, je vais avoir envie de me taper la tête contre les murs demain. Youpi.
3:39 AM
mercredi, mars 25, 2009 De grosses chaussures, un pantalon avec des poches pour y garder un portable Je prépare mes vêtements pour la journée. Elegant et sévère. Et me permettant de me casser rapidement s'il faut. J'avoue que je ne suis pas très en confiance. Ce soir "on va chez quelqu'un", je laisse un silence mais je ne sais pas pour autant qui est le quelqu'un, je sais que c'est à Edgar Quinet, pour le reste c'est bien mystérieux. Voilà qui commence à refouler le plan foireux.
On est en France, hein. Je sais aussi qu'on m'a forcé la main dans mon propre appartement il y a quelque trois ans. Oh trois fois rien, juste ce qu'il faut pour que j'en ai encore un mouvement d'humeur en attendant de me servir mon café ce matin. Mes impressions bizarres tiennent peut-être seulement au fait que mes hôtes ont du mal à s'organiser, qu'ils ont également du mal à se mettre à la place des autres.
Je me repasse en mémoire mon petit credo. -Les mains qui parcourent mon anatomie sont les mains que j'invite. Si on m'a invitée en pensant que je suis un jouet manipulable je vais me faire un plaisir de renseigner mes petits camarades. Et tant pis si je ne suis pas "libérée" (je suis tellement aliénée que je suis venue à la pensée qu'on n'avait pas besoin qu'on me libère, c'est dire si je suis perdue). -Mon éducation et ma politesse ne seront un obstacle ni à ma liberté, ni à mon confort. -Mon téléphone restera allumé en silencieux durant toute la soirée.
Pourquoi j'y vais ? Parce que je suis curieuse. Parce qu'il y avait dans le tas une personne qui me semblait sympathique (une impression comme ça). Mais dans tous les cas j'ai bien peur de ne pas faire beaucoup avancer ma compréhension des amours multiples... Pourquoi j'ai l'air si suspicieuse ? Parce que je ne suis pas libérée, pardi. Je sens que ça va devenir un running gag ça. Très rafraîchissant, ça me rappelle le "frigide !", l'insulte suprême qu'on me lançait si j'avais le malheur de rester de marbre face aux avances malhabiles d'un ado de mon âge, à la personnalité non renseignée.
8:35 AM
lundi, mars 16, 2009 Apparences Je m'affaire, prépare des pâtes, puis : "ça va ?" Je ne parviens pas à mentir. Ca sort en bloc désordonné. Avec tout le sentiment d'injustice que ça m'inspire, en tant qu'amante, en tant que femme. Les larmes coulent et ça le désole. C'est là que le paysage change complètement. Il me parle lentement pour que j'entende et que je comprenne à travers les larmes. Il n'y aura pas de tribunal. Ni de jugement. Tout va bien. Je dois admettre que je me suis trompée. Tout va bien. Mes craintes, infondées. Tu imagines difficilement à quel point c'est bon de se tromper parfois. J'entendrai probablement des langues fâcheuses me dire que je m'égare, qu'un jour je pleurerai des larmes de sang de vouloir offrir, et revendiquer une liberté heureuse en amour. Que m'importe si ceux que j'aime se laissent séduire par mes utopies, se laissent aller à se mettre en jeu sur ce pari improbable, gagnent bien davantage que leur mise de départ ? C'est de toutes façons le seul chemin valable d'être vécu qui me soit donné aujourd'hui. Je ne reviendrai en amour aux mensonges, aux faux-semblants, à la négation de moi-même, que poussée par la nécessité. Et pour l'heure, tout va bien. Mon coeur bat comme il a rarement battu. De gratitude, de liberté, d'espoir.
jeudi, mars 12, 2009 Mais c'est un blog que vous avez là Je transgresse la sacro-sainte-loi d'un post tous les 36 de l'année. Les mauvaises langues, s'il en reste (je ne regarde plus mes statistiques depuis que j'ai une vie), pensent probablement que c'est parce que je vais mal. Détrompe toi. Ni mieux ni moins bien que quiconque, sur le fil de temps en temps, avec de la vraie lassitude parfois. J'ai vu un jour un psy intervenir sur les blogs des ados, les Skyblog et autres, et les annonces de suicide qu'on peut y lire de temps en temps. Il disait que c'était finalement plutôt rassurant qu'ils trouvent un endroit, leur blog, pour le dire, se vider de ces pulsions qu'on a tous à cet âge, voir qu'on a tous tout court. Je me souviens d'une semaine où dans mon beau travail à moi que j'ai, on m'avait parlé par deux fois de suicide. D'envies de suicide. Oh, trois fois rien, juste des envies de ne pas se réveiller qui se glissent dans la discussion, mine de rien, parce qu'on ne va pas peser sur la ptite jeune, hein, mais on a besoin de le dire. J'ai déjà dit que j'aimais mon travail ? C'est dit sans ironie, j'aime vraiment ça. Souvent je repense avec amusement à cette discussion que j'avais eue avec Nava il y a longtemps, où je maintenais un cap plutôt à droite en dépit d'une presque quasi absence de culture politique. Depuis j'écume les derniers endroits où le communisme continue, bon an, mal an, à vivre. Je ne participe à aucune des manifestations politisées, mais je suis là, toujours. Je n'ai peut-être pas de conscience politique, en une conscience tellement malmenée que ça ne compte pas. Mais je suis là. Je suis là pour écouter ce qui a besoin de se dire.
Alors, est-ce que ça va mal ? Pas vraiment. Depuis le temps que tu me lis, depuis le temps que tu me fréquentes peut-être, tu devrais savoir que tout chez moi est soit un tout petit peu plus coloré, soit un tout petit peu plus sombre. C'est selon. Le gris ne me sied pas, sauf quand il s'agit d'un camaïeu de gris pour des draps pour paresser et réinventer le regard et le toucher. Alors là je veux bien. Donc il y a forcément des moments où je suis la lippe basse, pas très à l'aise, espérant que demain lavera toutes ces couleurs froides que j'ai dans la tête. Et en miroir, des moments où mes bonheurs sont un tout petit peu plus prononcés. J'ai juste appris à connaître suffisamment mes faiblesses pour les contourner. Tiens dans le post précédent, je te parlais de msn et de mon incapacité à le gérer en situation de pseudo-crise. Ce soir je fais encore ma fille de l'air. Je le fais pour moi, je le fais pour lui. Il se rappellera sans doute que je n'ai pas une once de culpabilité et que s'il pleut dans sa tête c'est peut être qu'il y a dans sa vie quelque chose qui cloche indépendamment de moi. La raison peut-être que je ne suis que son "choix par défaut", mais ça on verra. J'y pense beaucoup depuis mon retour de Bordeaux. Comme j'y ai pensé à d'autres moments de crises que j'ai pu traverser avec Djer. C'est comme ça. On arrive avec une histoire écrite, si courte soit-elle. On vient avec la sienne, aussi. Je sais, je sais où je me positionne dans cette histoire, je sais et j'anticipe sans empêcher la survenue d'un miracle de maturité affective chez lui. Il m'a souvent surprise. On verra bien. De toutes façons, quoi qu'il arrive, les liens restent actifs. Que ce soit difficile ou pas, je suis prête à ça. C'est juste une histoire d'arriver à continuer à se regarder en face. Le reste n'est pas très important.
Inutile de te le dire, mais ça ne va pas très bien pour Djer. J'ai dit "pour" et pas "avec", bien que tout soit lié. Il est tellement mal qu'il m'en voulait à mots couverts d'être partie rejoindre Nava (je n'ai pas trouvé d'autre pseudonyme pour lui, mais les contacts sont bien différents) à Bordeaux. Je crois qu'il est conscient que cette rancoeur est injustifiée, mais on n'est pas toujours tout à fait logique tout le temps. Je veux juste éviter de me faire incendier pour une chose dont je ne suis pas coupable. Or je ne suis pas coupable d'être partie à Bordeaux (si tu n'es pas au courant, je te l'apprends). En partant je n'ai ni laissé à penser que je partais pour rendre visite à un amour puissant et durable, ni que je partais pour un plan cul plus ou moins sympa. Pour la seule et bonne raison que même après avoir passé ces quelques jours à Bordeaux, je ne sais toujours pas comment étiqueter la relation que j'ai avec Nava (si tant est qu'il ne s'agisse pas d'un seul et unique one-shot (oui je sais, je redonde)). J'en étais venue à conclure qu'il n'était pas nécessaire d'étiqueter, qu'on verrait au prochain épisode s'il y en a un, ou bien à celui d'après. Et que si on n'arrivait pas à caler cette relation dans l'une des cases, de toutes façons nécessairement peu appropriées, ce n'était pas forcément grave. C'est l'une des forces des amours multiples acceptées : si jamais on se sépare, c'est que la relation entre les deux concernés foire, pas parce qu'il l'a plus longue ou plus grosse, ou plus je ne sais quoi (voyez à quoi on est réduits tout de même, des querelles de taille comme quand on avait 14 ans dans les vestiaires). Peut-être que c'est pire, remarque. C'était Michel Jonasz qui disait "dites moi qu'elle est partie pour un autre que moi mais pas à cause de moi". Ce que je sais c'est que je suis trop fatiguée pour boire à peine le quart d'un bon vin sans être ivre. Mettons que ce post est sponsorisé par un Cahors 2006 Matayac à peine entamé. Je vais donc aller me coucher avec "Le seul amant" (c'est toute une histoire, ce roman). Le tout sans passer par la case MSN. J'ai beau savoir et même me répéter que je ne suis pas coupable, je ne peux m'empêcher de me sentir triste de la tournure que prennent les choses. Je rajoute une chose, mais celle-là je la rajoute parce que je suis à moitié ivre : il me quittera pour quelqu'un d'autre quand il aura le vent en poupe. Il s'engagera très vite, envisagera peut-être d'avoir des enfants, partira à la campagne. Et me recontactera probablement vers quarante ans, quand il sera en plein divorce, parce qu'il aura gardé un "bon souvenir de moi". Voilà. Je l'ai dit au moins quelque part. Et rien qu'à me relire, je suis très, très fatiguée. J'aimerais bien me tromper. Advienne que pourra, j'ai décidé de ne pas changer de cap.
8:56 PM
mercredi, mars 11, 2009 Paravents virtuels Ca répond à peine, puis ça ne répond plus. Je dois avouer : je ne sais pas me servir de MSN. Pour moi c'est comme un téléphone, mais avec du texte. J'ai généralement un seul interlocuteur à la fois ; l'idée d'en avoir plusieurs à la fois me met mal à l'aise. Autant que me met mal l'aise une discussion dont les silences deviennent creux. Je n'ai pas besoin de fausses présences pour combler le vide sidéral de ma vie. J'ai un bon bouquin qui m'attend, mon journal, et de magnifiques orchidées qui n'attendent que moi. Derrière mon paravent, je poursuis mon chemin en attendant que ma présence reprenne du sens. Ou que les silences s'expriment enfin.
jeudi, mars 05, 2009 Correspondances -Tu vas faire une connerie
Il me regarde juste assez longtemps pour se rendre compte que je ne vais pas abonder dans son sens. Je sirote mon verre. Tant qu'il y a des verres à siroter, tout va bien. Je dis que peut-être, après tout je ne suis pas dans le secret des dieux. Encore moins dans celui des hommes.
Et c'est de retour que j'écris les lignes qui suivent. Je la connais, l'histoire, celle qui s'est racontée ici, à mots couverts ou clairs. Quelques mots se sont affichés sur mon téléphone. Passe un bon week-end à Bordeaux. Il y a eu du silence, aussi, puis une jolie date, le 2 juin. Tout va bien. Gare de Bordeaux Saint Jean, éclairée par une lumière ocre, irréelle. Puis les instants se suivent en désordre. Je n'ai pas emporté avec moi mon appareil. Je fixe avec mes yeux un récit partiel, et partial probablement. Le carnet que j'avais emporté restera vide. Un petit air de vacances. Je suis bien. Combien d'années ? C'est un copain qui refait le compte. Ca doit être autour de 2004. Il y a des choses qui changent, d'autres qui restent, familières. Sur les bords de la Garonne, les arbres fleurissent.
mardi, février 24, 2009 Rencontre Ce sont deux yeux, fichés dans les miens. Des yeux qui mettent des points à la fin des phrases, s'assurent qu'on a entendu, et compris. Des yeux très bleus que je me dessine quand suis seule, juste pour le plaisir. Je vacille, un tout petit peu. Pose quelques mots, envoie. J'ai dans la tête une petite musique discrète.
1:07 AM
lundi, février 16, 2009 Je ne dis rien
Let me hug you It's been so long I never said enough You never asked Let me drive you slowly As the silent fall Of the little prince
Garde moi quelque part au fond de toi Tu sais bien que je ne prends pas de place Bientôt tu oublieras vite que je suis là C'est d'ailleurs le lot des choses évidentes
10:16 PM
dimanche, janvier 04, 2009
Je m'affaire, triture des liens, fouille au hasard du net. Quelque chose tourne en boucle, caché sous l'intérêt. Non, je n'en ai pas envie. Oh, encore un site de ressources en CSS. Super. Je me concentre pourtant pour faire autant que possible montre d'enthousiasme. Je me répète bien que je n'en ai pas envie. J'ai monté le chauffage à 8, que j'en ai les joues brûlantes. Et la sensation que je n'arriverai jamais à me réchauffer. Bien sûr je n'en ai pas envie. Méthode coué. Puis ça tombe parce que c'est un moment où je devrais rassembler mon énergie pour réagir bien, intelligemment, en personne adulte et tout ça. J'ai le droit d'avoir du chagrin, on est dimanche soir. Ca tombe juste assez pour que j'éprouve la frustrante absence du soulagement que j'espérais vaguement. Je connais hein, ça me rappelle quelque chose naturellement. A travers les histoires, les miennes, celles des autres, toujours ces balancements entre le même et l'autre. Je suis fatiguée. Je suis très triste. Ca ne change rien, et ça ne changera rien. Alors je me secoue, j'essaie d'avancer sur le reste. On est déjà dimanche soir. Je me sens vissée au sol. Mon corps pèse une tonne. On est déjà dimanche soir.
7:14 PM