Le blog d'une névropathe (mais vous n'avez rien de mieux à faire, vous?)





























 
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Le sieur Jean-Luc-sur-son-blanc-destrier a fait la peau au dragon qui gardait mes Très-Saintes-Pattes-de-Mouche et terrorisait par la même occasion les braves gens vivant dans les vertes contrées de ce pays merveilleux, et cela depuis, pfiuuuu, au moins une année...












 
Fabienne Franseuil est une brelle de la technique, mais l'euthanasie n'est pas autorisee dans ce beau pays. Vous pouvez la joindre via le mail à fabienne.franseuil[at]free.fr. A bonne entendeur... Et puis vous pouvez aussi aller vous promener par :
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Sans Prétention
 
lundi, décembre 20, 2004  
Je ne comprends pas
Quelqu'un pourrait m'expliquer pourquoi je me suis réveillée à 8h ce matin alors que je me suis couchée à 2h bien tassées ?
Encore une fausse question. C'est mon dernier jour avant le départ. J'ai une liste de chose à faire... D'ailleurs à ce niveau-là c'est plus une To-Do list, c'est un essai. Je ne sais pas très bien ce que l'auteur a voulu démontrer, mais on peut sentir un certain humour. Faire coïncider des éléments que je n'ai pas eu le courage d'accomplir depuis des mois avec un tas de petits qui ne prennent rien que... allez, 4-5h ?, je trouve ça très drôle.
Puisque c'est ça je vais aller me recoucher, tiens. Quand je me réveillerai la liste sera toujours là, pour ça je ne me fais pas de soucis.
Rhaaaaa, ça y est, je viens de me rappeler que je n'étais pas du tout venue pour parler de ma liste de choses à faire, mais pour vous raconter ma rencontre avec l'Homme de l'Espace. Un type de mon cours de théâtre pour lequel j'ai aussi peu d'inspiration pour lui pondre un pseudo que pour le revoir. Enfin quand même, je lui ai trouvé le pseudo de l'Homme de l'Espace au moment où je vous écris (par contre, je n'ai toujours pas envie de le revoir).
Brrrrr, je réalise que je ne suis pas très inspirée pour simplement vous raconter cette entrevue. Commençons par le commencement : la prise de rendez-vous.
C'était un vendredi. J'étais malade et aphone. J'avais fait une répét de ma conf la veille, j'avais tiré sur ma voix, puis silence radio. Je ne pouvais guère communiquer que par chuchotis. Ce vendredi-là, je devais tout de même me rendre au théâtre pour donner un chèque à la responsable, je me suis donc tirée de mon lit douillet pour aller lui chuchoter à l'oreille que j'étais aphone et que je passais seulement. Le cours n'avait pas commencé et j'ai dû chuchoter plusieurs fois à différents élèves compatissants que j'étais aphone, gnagnagna... Arrive l'Homme de l'Espace, qui me dit bonjour, à qui je chuchote bonjour, qui me dit quelques mots. On continue à discuter tant bien que mal avant le début du cours, puis chacun prend sa place et je prends congé après avoir mimé les exercices de "libération de la voix". Je rentre chez moi.
Le soir, sonnerie de téléphone, je pense que c'est Nava, je décroche en essayant de sortir mon dernier filet de voix pour dire allo. C'est pas Nava, c'est l'Homme de l'Espace. Bon. Admettons. Ce type sait que je suis aphone, et il me téléphone pour... d'ailleurs, pour quoi appelle-t-il ? C'est ce que je me demande dans le blanc qui suit l'échange des bonjours. "A cet emplacement, indiquez le motif de votre appel et commencez une conversation normale". Ben finalement il n'a pas dû lire la doc avant de composer mon numéro. On reste plantés là comme deux andouilles. Je craque et je commence à lui poser des questions : "Ca s'est bien passé au théâtre, après mon départ ?". Il balance une ou deux phrases, j'ai juste le temps de me dire que la conversation a pris un ton presque normal, puis c'est à nouveau le blanc. Je relance la machine, on arrive presque à l'au-revoir, et puis je sais pas ce qui m'a pris, je lui ai rappelé qu'on avait jadis le projet de prendre un café ensemble, qu'on pourrait peut-être faire ça jeudi prochain, non ? Le tout en essayant de me rendre aussi compréhensible que possible, quitte à me flinguer le peu de matière audible qu'il me reste. Je privilégie tout de même les phrases courtes, j'essaie de ne pas trop abuser? J'aimerais bien parler à nouveau un jour.
Palabres autour de l'heure et du lieu du rendez-vous, et à nouveau, blanc à l'autre bout du fil. Et là, le coup magistral, sans lequel l'Homme de l'Espace ne serait pas l'Homme de l'Espace : "Ben j'espère qu'on aura plus de choses à se dire la semaine prochaine". Le tout sur un ton qui ne laisse aucune ambiguité quant au fait que c'est bien moi qui pose problème.
Gngngngngngnngnngngngnnn... mais CONNARD, je suis APHONE, TU SAIS CE QUE CA VEUT DIRE ? TU CROIS QUE JE FAISAIS QUOI AU THEATRE CE MIDI ? UN ATELIER DE MIME ?
Mais ce n'est pas du tout ce que j'ai pensé sur le coup. J'ai essayé de m'excuser, de lui expliquer que j'étais aphone, tu vois, alors pour la discussion... Parfois je me filerais des tartes. Quand je me suis rendu compte que je m'excusais au lieu de l'incendier, je n'ai pas eu la présence d'esprit d'au moins lui demander la raison de son mutisme à lui.
Le tout s'est déroulé en à peine quatre minutes. Quatre minutes pour se coller dans le merdier, avec un rendez-vous qu'on échangerait volontiers avec une séance très douloureuse chez le dentiste. Au moins, quand on va voir un dentiste, ça sert à quelque chose.
J'y suis allée, au rendez-vous. Avec un quart d'heure de retard. Ce n'était pas prémédité, mais quand on n'a vraiment pas envie d'aller quelque part...
J'ai retrouvé l'Homme de l'Espace au bar où on avait rendez-vous. Dehors en train de se peler les miches. L'Homme de l'Espace, c'est bien ça. Je vous passe les tentatives d'installations à une table, les déplacements parce que décidément, la tête dans les baffles c'est pas le summum pour discuter. On a parlé boulot, perspectives professionnelles. Il est entre la quarantaine et la cinquantaine, au chômage, fait des formations à gauche à droite. N'a pas l'air de savoir où il veut aller. Une absence d'envie, de force vitale. Je le réalise à mesure que je lui parle. C'est ça qui est assez surprenant chez lui. L'absence d'énergie.
S'il n'y avait que ça, je crois que je n'aurais jamais commencé un post sur l'Homme de l'Espace. Non, ce qui m'a décidée à le présenter ici, c'est la méchanceté. L'absence d'énergie, ça ne me plaît pas, mais après tout, si ça va avec une certaine douceur de vivre ou quelque chose de positif dans le genre, je ne dis pas. Mais dans ce cas, c'est couplé avec de la méchanceté. Pas grand chose, hein, juste des petites piques.
Je sais bien que ce n'est pas de la méchanceté gratuite. Je sais bien que c'est parce qu'il n'a pas confiance en lui et que du coup il préfère attaquer avant d'être attaqué. Mais il se trouve que je n'avais aucun a priori contre lui en le rencontrant. Avant le coup de téléphone, ça allait très bien. Au milieu aussi. Je ne l'ai attaqué à aucun de ces moments. Et je me retrouve méprisée parce que je n'arrive pas à faire la conversation pour deux alors que je suis aphone, parce que je ne trouve pas quelque chose de brillant et de très développé à répondre à une phrase mal ficelée sur un sujet d'intérêt très mineur...
Non. Non. Non. Non. Je ne suis pas la solution de l'Homme de l'Espace. Je ne veux pas m'en prendre pour mon grade gratuitement.
Je suis capable d'encaisser un tas de trucs, mais qu'une personne mal partie n'ait même pas la grandeur du pauvre, cette gentillesse un peu passe-partout mais qui fait apparaître les gens un peu moins ingrats, ça dépasse le champ de mes compétences.
Et après une soirée morne comme un dimanche condensé en trois heures, avec une conversation sans queue ni tête, mosaïque de verbiages sans lien, il m'a proposé de venir dîner chez lui avec des gens du théâtre. Triés sur le volet, d'après ce que j'ai cru comprendre. Je devrais me sentir flattée. Il a l'air d'être tellement mal dans sa peau que je n'ai pas le courage de le démonter en règle.
Bon, maintenant il est trop tard pour me recoucher. J'aurai au moins vu le lever du soleil...

9:00 AM

samedi, décembre 18, 2004  
Sur le départ
Bien. Ma dernière vraie entrée date du 27 novembre. Que s'est-il passé entre le 27 novembre et maintenant, alors que je m'apprête à partir en Inde ? Difficile à dire. J'ai couru à gauche et à droite comme un canard sans tête. Un canard sans tête ça avance, mais pour combien de temps avant de s'effondrer ? Il est peut-être temps de se poser pour réfléchir. Ca fait deux mois environ que je ne me suis pas vraiment assise pour réfléchir à moi. J'ai réfléchi à des choses qui me touchent, mais je n'ai pas pris le temps de me "regarder marcher". Le résultat, c'est que depuis que j'ai foiré mon concours, je n'ai pas avancé d'un iota. J'ai fait des trucs, hein, mais faire des trucs ce n'est pas réfléchir. C'est même la manière la plus sûre de ne pas réfléchir tout en endormant sa conscience, en se croyant dans la bonne direction. C'est assez "rigolo" de voir que je me sois si bien laissée prendre à mon propre piège. Perdue comme un petit ballon promené par le vent.
Les autres sont gentils, il y a ceux qui ne se rendent pas compte, et puis il y a ceux qui se rendent compte mais qui se disent qu'après tout c'est mon affaire, c'est moi qui décide. Et puis c'est pas facile de dire à l'autre qu'on croit qu'il est en train de faire une connerie. Un ballon. Je suis le petit ballon ballotté au hasard du vent. Bravo la fille volontaire qui parle sans discontinuer de volonté...
Le fait est que je ne suis pas arrivée à tout gérer de front, avec la même énergie. Et comme par hasard, la chose que j'ai laissée de côté, c'est mon évolution personnelle. Peut-être la chose la plus difficile, celle qui me fait le plus peur.
J'essaie d'ouvrir les yeux sur où j'en suis. Je vois une fille qui n'a toujours pas confiance en elle, qui se perd en circonvolutions et fait des noeuds avec son cerveau. Et qui parfois s'étrangle avec. Où j'en suis, hein, où j'en suis ?
Ca me fait mal de le reconnaître, mais un sentiment qui me caractérise, c'est la peur. Il y a des tas de choses qui me font peur. Ca exerce sur moi une pression qui explique en partie la fatigue que je me traîne depuis des mois. Ca aussi, c'est effrayant. Je suis capable de rester des mois dans cette peur sans m'en sortir. Comment je m'en sors ? En considérant que chaque moment où j'ai peur est le fruit d'une situation spéciale, que ce n'était pas facile d'être détendue dans telle ou telle situation. Après, c'est facile de se dire que ce n'est pas de ma faute, que ce sont les éléments qui sont contre moi, et que donc je n'y peux rien. Je me lave les mains de ma propre misère.
Si j'avais toujours aussi clairement conscience de cette situation, je crois que je ne pourrais plus m'illusionner aussi bien. Mais ça reste encore assez flou. J'ai beau poser les choses par écrit, j'ai peur (encore une fois...) de ne pas avoir vraiment intégré les données de mon propre problème. C'est un peu embêtant parce que je ne vois pas qui pourrait se préoccuper de toutes ces salades à part moi. Parce que c'est moi avant tout que ça concerne, et que de toutes façons peu de gens sont en mesure de comprendre de quoi je parle. Et puis je n'accepterais pas de la part de n'importe qui des remarques sur ma manière de mener ma vie.
Je ne suis toujours pas bien dans ma peau. Je ne sais toujours pas où je vais. J'ai passé septembre et octobre, deux mois d'hébétude où je n'ai fait qu'encaisser, et après ? après je n'ai rien tiré de ce que j'ai vécu, de ce que j'ai entraperçu. Ou si peu.
Je n'ai aucune idée d'où je me trouverai dans un an. De quoi 2005 sera fait ? Ce que je sais c'est qu'il sera fait de batailles. Ca pourrait avoir quelque chose de réjouissant si j'avais en moi assez d'assises pour ne pas vivre mes différents projets comme un écartèlement.
Je ne sais pas si j'en ai parlé déjà ici, mais Nava ne supporte plus la distance qui nous sépare. J'essaie actuellement de voir quelles sont les possibilités pour moi d'aller m'installer à Bordeaux tout en gagnant ma vie à autre chose que du télémarketing. Mais je n'exclus pas la piste des concours, une piste qui me tient particulièrement à coeur parce qu'elle me mènerait à un emploi dans ma branche, avec des fonctions dans lesquelles je crois que je m'épanouirais. Je me suis renseignée et j'ai de bonnes raisons de penser ça. Deux pistes en apparence opposées parce que si je suis prise au concours que je voudrais, je passerais plusieurs années sans pouvoir me rapprocher de Bordeaux. Ce qui signerait l'arrêt de mort de ma relation avec Nava.
La prochaine personne avec laquelle je sortirais, ça serait une personne qui serait sur ma ligne de métro. A moins de quatre stations. Moi qui regardais avec ironie les statistiques qui disent que les gens se rencontrent majoritairement sur leur lieu de travail... Tu l'as ta situation inextricable, tu es contente maintenant ?
Si je ne veux pas que ma relation avec Nava tourne au petit conte moderne à la Romeo.Juliette.com il va falloir se presser les méninges. Sans m'oublier sinon je cours à la catastrophe. Ma petite catastrophe personnelle.
Pour finir sur un ton un peu plus joyeux, j'ai fait une conf dont je suis assez fière, pour une amie que j'apprécie énormément. J'ai arrêté le Lexomil il y a environ quinze jours, et je tiens la route, à peu près. Je m'en permets un quart quand c'est vraiment trop dur et qu'il est encore temps que je le prenne. J'ai découvert hier chez mon médecin que je pesais quarante-huit kilos. Le poids de mes dix-sept ans.
Se rêver autre, puis le devenir. Et oublier la peur qui pointe son nez de fouine.

5:08 PM

 
Blog et vie : intersection vide.
Il faut vivre, l'azur au-dessus comme un glaive
Prêt à trancher le fil qui nous retient debout
Il faut vivre partout, dans la boue et le rêve
En aimant à la fois et le rêve et la boue
Il faut se déplacer d'adorer ce qui passe
Un film à la télé, un regard dans la cour
Un coeur fragile et nu sous une carapace
Une allure de fille éphémère qui court
Je veux la chair joyeuse et qui lit tous les livres
Du poète au polar, de la Bible à Vermot
M'endormir presque à jeun et me réveiller ivre
Avoir le premier geste et pas le dernier mot
Étouffer d'émotion, de désir, de musique
Écouter le silence où Mozart, chante encore
Avoir une mémoire hypocrite, amnésique
Réfractaire aux regrets, indulgente aux remords

Il faut vivre, il faut peindre avec ou sans palette
Et sculpter dans le marbre effrayant du destin
Les ailes mortes du Moulin de la Galette
La robe de mariée où s'endort la putain

Il faut voir Dieu descendre une ruelle morne
En sifflotant un air de rancune et d'espoir
Et le diable rêver, en aiguisant ses cornes
Que la lumière prend sa source dans le noir
Football, amour, alcool, gloire, frissons, tendresse
Je prends tout pêle-mêle et je suis bien partout
Au milieu des dockers dont l'amarre est l'adresse
Dans la fête tzigane et le rire bantou
On n'a jamais le temps, le temps nous a, il traîne
Comme un fleuve de plaine aux méandres moqueurs
Mais on y trouve un lit et des chants de sirènes
Et un songe accroché au pas du remorqueur
Jamais ce qui éteint, jamais ce qui dégoûte
Toujours, toujours, toujours, ce qui fait avancer
Il faut boire ses jours, un à un, goutte à goutte
Et ne trouver de l'or que pour le dépenser
Qu'on s'appelle Suzanne, Henri, Serge ou que sais-je
Quidam évanescent, anonyme, paumé
Il faut croire au soleil en adorant la neige
Et chercher le plus-que-parfait du verbe aimer

Il faut vivre d'amour, d'amitié, de défaites
Donner à perte d'âme, éclater de passion
Pour que l'on puisse écrire à la fin de la fête
Quelque chose a changé pendant que nous passions

"Il faut vivre", C. Lemesle - C. Piget ; interprété par Serge Reggiani



1:04 PM

samedi, novembre 27, 2004  
Surchauffe
On est vendredi, déjà... Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment, mais je file d'une activité à l'autre sans le moindre trou. Entre mon départ avec Thiom en Inde prévu pour décembre-janvier, mon projet de conquète du monde, ma conférence à préparer pour le 9 décembre (une des plus importantes de toutes celles que j'aie faites jusque-là), Claude qui vient à Paris, les problèmes d'ordi, les crépages de chignon avec Thiom, mon concours, le théâtre, ma réflexion personnelle (ah non, ça j'ai pas le temps ;-))), il reste plus grand chose. J'ai pas eu le temps de m'offrir du temps à moi cette semaine. Le seul moment que j'ai eu rien qu'à moi, ça a été entre une heure et deux heures du matin la nuit dernière, parce que j'arrivais pas à lâcher le dernier livre d'Anna Gavalda que m'a offert mon amoureux. Il y a des moments où on se dit que continuer à avancer comme une conne sans en profiter pleinement ne serait-ce qu'un peu, c'est plus possible. C'est pour ça que je poste à cette heure-ci, alors que comme une gentille fille je devrais être couchée et me détendre. Mais j'en ai un peu marre, d'être raisonnable.
Je suis actuellement plus près du monde du "il faut" que de celui du "je veux". Qu'il est long le chemin de l'un à l'autre...

12:32 AM

lundi, novembre 22, 2004  
Miroir
Antigone
Oui, j'aime Hémon. J'aime un Hémon dur et jeune ; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hémon ne doit plus pâlir quand je pâlis, s'il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi, s'il doit devenir près de moi le monsieur Hémon, s'il doit apprendre à dire " oui ", lui aussi, alors je n'aime plus Hémon !
Anouilh - Antigone.

6:13 PM

 
Encore...
Antigone
Eh bien, tant pis pour vous. Moi, je n'ai pas dit " oui " ! Qu'est-ce que vous voulez que cela me fasse, à moi, votre politique, votre nécessité, vos pauvres histoires ? Moi, je peux dire " non " encore à tout ce que je n'aime pas et je suis seul juge. Et vous, avec votre couronne, avec vos gardes, avec votre attirail, vous pouvez seulement me faire mourir parce que vous avez dit " oui ".
Anouilh - Antigone

6:13 PM

samedi, novembre 20, 2004  
Fermez la parenthèse
Nava est venu à Paris pour quelques jours, donc carême, côté posts.
Je ne vous raconterai pas par le menu, j'ai des mails importants en retard, quelques lettres encore plus en retard, cinq ou six centimètres de papiers à traiter sur mon bureau, un argumentaire de future maîtresse du monde à rédiger, et Esther de Racine à acquérir pour mon cours de théâtre.
Je voulais juste réagir à ceci : j'aime Lalanne, j'écoute ses morceaux en boucle, et j'aimerais tellement le connaître mieux...
Si tu passes par là, j'espère que ton concert aura été à la hauteur de tes espérances. N'écoute pas les mauvaises langues, les pense-petit et les pense-vite. Aujourd'hui tu es au-delà de ça.
Sur ce, je vais chercher la précieuse pièce pour me plonger dans un nouveau personnage...

4:36 PM

dimanche, novembre 07, 2004  
Dix-sept
Un drôle de dimanche. Je tremble de partout.
Je suis allée déjeûner chez ma mère. Première chose. Rien que de ça il y aurait beaucoup à dire.
J'ai récupéré dix-sept photos (et un film de Noël 1980). Ma vie en dix-sept photos, avec tous les manques, les non-dits. Parents, grand-mères, frères et soeurs. Tout une chaîne.
Ca file devant mes yeux. Des tas de lieux différents. Photo de classe. Noëls, anniversaire, sourires. Le choc des photos, les mots impuissants. Que dire ?
Je les ai devant moi et je me sens plus que jamais flottante. Peu de certitudes. Si, une, je suis toujours vivante. J'ai vingt-sept ans, je suis perdue, mais je suis toujours là. Je suis toujours là. J'ai appris à me battre.

6:46 PM

samedi, novembre 06, 2004  
Un peu de baume pour l'ego
J'ai plus d'une raison de penser ne valoir qu'une moitié de coquille de noix (vide et cassée), mais parfois il y a un petit truc qui me rappelle que ça n'est pas si catastrophique.
Je possède une petite page qui parle de trucs et de machins en rapport avec mon domaine. Parfois je reçois des mails désespérés d'étudiants fainéants ou perdus ou les deux qui veulent un peu que je leur mâche leur exposé... Aujourd'hui il y en avait une qui devait faire un exposé sur un illustre peintre inconnu. Sachant qu'elle avait un peu l'air de débarquer, je comprenais pas que le ou la prof lui ait de demandé un travail de recherche pure sur un peintre pour lequel il n'y a pas de bibliographie. Après de vagues recoupements, je me suis rendu compte qu'elle avait noté le nom de l'artiste comme elle l'avait entendu, c'est à dire mal, et qu'au lieu d'un travail de maîtrise, c'était un petit exposé gentil qu'elle avait à faire, deux bouquins à ouvrir, deux peintures à comparer, introduction et conclusion et puis c'est tout.
Ca me fait quand même plaisir de pouvoir orienter une étudiante sur son exposé sur la peinture hollandaise du XVIIe siècle. Ca me fait d'autant plus plaisir qu'à l'inverse, les spécialistes de la peinture hollandaise ne sont généralement pas en mesure d'écrire seulement le nom des monuments-clés de ma spécialité.
Ca me fait tellement plaisir que j'ai accepté d'aller manger chez ma mère demain midi. Huhu, un déjeûner dominical en "famille". Je crois bien qu'en dix ans, ça a dû m'arriver deux fois... Un rythme qui me convient parfaitement.

1:50 PM

 
Musique(s)
Je viens de passer un bon quart d'heure sur l'intro d'un site. Sans vouloir entrer, puis sans oser entrer.
Joe Hisaichi. C'est l'un de ses morceaux qui avait été placé en introduction de ce site. Une belle, très belle intro. Un truc à vous fendre le coeur pour l'ouvrir davantage, pour l'élargir. Je ne sais pas de quel film ce morceau précis a été tiré. C'est un peu ridicule, je viens sur un site pour en écouter l'intro. Limite vexant, au point que je n'ose pas lier directement ledit site, contre lequel je n'ai rien mais... C'est comme si je me rendais chez un présentateur télé super connu et reconnu pour lui dire que j'adore la musique qui accompagne la mire... Le site, quand même, pour info, c'est le Cahier Noir. Mais je peux rien vous dire de son contenu. C'est comme si j'avais été éblouie par le soleil avant d'entrer dans une maison sombre. Je n'ai rien vu.

1:33 PM

mardi, novembre 02, 2004  
Lettre à un inconnu
Monsieur, Victor...
Vous ne me connaissez pas, je ne suis qu'une fille parmi les centaines, les milliers de femmes qui sont venues à vous dans l'espoir d'obtenir vos faveurs.
Il y a des hommes qui se vantent d'avoir eu tant de conquètes que leur nom est entré dans l'histoire. Du haut de vos vingt-deux ans, vous pouvez vous targuer d'avoir eu plus de contacts intimes que Casanova. En voilà une belle revanche pour un jeune homme.
Ceci n'est pas de la flatterie, vous savez comme moi que vous possédez une preuve accablante de ce que je viens de dire. Vous savez aussi depuis quelques jours que cela fait ombrage à certains. J'ai appris vos récents déboires dans le Monde, sachez que j'en suis tout à fait désolée.
Mais cela ne m'empêchera pas de me joindre à toutes celles qui vous tournent autour, pleines d'amour et d'espoir. Vous êtes tellement discret et réservé que vous ne semblez même pas vous être aperçu de cette foule de filles qui soupirent après vous.
Je n'ai aucune idée du soutien que vous êtes susceptible de m'accorder. De toutes façons, étrange coïncidence, des barrières bordelaises me séparent de vous. Je ne suis pas en mesure de venir vous rejoindre et de venir poser mes mains en cette partie de votre anatomie que notre société, plus puritaine que jamais, m'interdit de nommer autant que de toucher.
On vous dit influent. Qu'en sais-je ? N'ayant pas de dieu à prier, je m'en remets aux hommes. Et à vous.
Je ne peux pas faire grand chose contre ce qui nous sépare, mais je peux vous promettre une chose : si au terme de toutes mes pérégrinations amoureuses vient enfin une issue favorable, je vous apporterai moi-même deux larges tournesols. La fleur qui me semble le mieux convenir à votre jeune âge, à ce que j'éprouverai alors.
Merci d'avoir écouté une fille qui soupire.

Platoniquement,

Fabienne Franseuil.

3:53 PM

dimanche, octobre 31, 2004  
C'est l'histoire de Fabienne Franseuil qui joue avec son cerveau
Ce n'est pas parce que je ne poste pas que ça ne bouillonne pas dans ma tête.
Je voulais du fondamental, c'est bon, j'en ai, là.
Sentiment paradoxal de ne pas savoir où j'en suis et pourtant d'avoir du mal à supporter de me trouver dans mon corps et en particulier dans ma boîte crânienne.
Je suis dans un état où j'en viens à trouver un sens profond (bien qu'encore mystérieux) à ceci.
En plus j'ai terminé il y a quelques jours la Maison des Feuilles de Danielewski (lecture que je suggère aux personnes un minimum solides). Je ne sais pas dans quelle mesure cette lecture a accentué ma sensation de ne plus savoir distinguer le haut du bas.
C'est difficile d'avancer quand on ne sait pas où est l'avant et où l'arrière. J'essaie quand même. Ca doit être l'un des symptômes attestant que je suis vaguement barrée. Et comme toute personne suspendue dans le vide sans savoir distinguer le haut du bas, je me demande si cette stabilité relative est éphémère, et si oui, combien de temps elle durera.
Horrible envie latente pour m'endormir sans oublier mon être ou naturellement espérer.

1:02 PM

mardi, octobre 26, 2004  
Epure
Il commence à y avoir un paquet de drafts dans mon répertoire de posts. J'essaie de faire le tri dans ce que j'oserai me permettre de poster, mais il reste un no man's land de posts qui n'entrent pas dans l'une ou l'autre catégorie. Ca s'étend, ça devient vaguement inquiétant.
Ce que je me permettrai de dire aujourd'hui :
Ca fait trois ou quatre ans que je trinque "à la santé de l'amour fou". Ca fait lever des sourcils d'étonnement, mais je m'en fous, moi j'y crois. Et je veux continuer.
Je suis assez folle pour penser qu'on ne me prendrait pas davantage au sérieux si je cessais de prendre du Lexomil.
Je suis assez folle pour espérer avoir tort sur toute la ligne, ne rien mais alors rien avoir compris, et que finalement ce qui me fait mal ne soit qu'un énorme malentendu. Quel plaisir j'aurais alors à dire : "pardon, pardon, je me suis lourdement trompée".
Un jour peut-être il faudra que je vous explique plus concrètement ce qui se passe entre Nava et moi en ce moment. Mais pour le moment je n'ai pas le courage.
Ah oui, aussi : dire "on naît seul, on vit seul, on meurt seul" me semble une marque d'attention bien trop ostentatoire (faut au moins reconnaître l'existence d'un public pour entendre la phrase) pour qu'un nihiliste extrémiste s'y abaisse. Après, il y a la myriade de positions intermédiaires. Je me trouve de l'autre côté du spectre, c'est un choix que j'essaie d'assumer tant bien que mal.

3:44 PM

 
Première tentative
L'automne est une belle saison, une saison où l'on presse le pas pour engranger l'espoir et la chaleur dont on aura besoin pour tenir dans toute cette période d'avant le printemps où l'espoir sera à nouveau permis.
Je n'arriverai pas à dire ce que je ressens maintenant. J'ai des pensées qui fusent dans tous les sens, c'est la deuxième fois que je viens ici pour effacer des phrases entières, des phrases vraies, du moins quand je les écris. Ca ne rime à rien. Rien ne rime à rien.
Je suis paralysée. Ce que je pense me paralyse. Je suis presque incapable de faire quoi que ce soit d'un minimum constructif. Je n'arrive pas à me pousser vers la douche. J'ai quand même réussi à me faire à manger. Je suis bloquée. Les jambes coupées, j'ai du mal à me tenir debout. Ce que je ressens et pense m'effraie, me tire dans tous les sens, m'écartèle, et tout ce que je peux faire c'est avoir mal, et être bloquée, immobile.
Je sais qu'avec de la volonté je pourrais "faire des choses". M'occuper de moi par exemple. Des choses, des projets intéressants, j'en ai une bonne quantité sur le feu, sans compter ceux qui sont en gestation dans ma tête. Mais me mettre à agir sur ces fronts alors que Le Front, l'amoureux, reste sans solution, ça me semble précisément un manque de respect à cet amour.
Je crois pourtant que c'est ce qui est attendu de moi. Je crois aussi que je préfère quitter ou être quittée dans le meilleur de moi qu'en loque accablée. Qu'on en finisse une bonne fois pour toutes, au moins avec la charité chrétienne. Ce qui est triste, c'est qu'avec cette démarche disparaîtra une chose qui mérite l'adjectif de "fondamentale".
Je vais donc bouger, à partir de maintenant. C'était le but de ce post : me forcer à le faire.
Je ne sais pas combien de temps durera l'expérience, si ça se trouve, le temps que j'aie quitté Blogger, je me serai déjà dégonflée. Certains appelleront ça du recul, de la maturité. D'autres appelleront ça du mensonge. La seule chose que j'aie à répondre à ces derniers, c'est que si on me demande si je suis heureuse, il faudra s'attendre à une réponse désagréable.
Allez, c'est parti.

3:10 PM

lundi, octobre 25, 2004  
De retour
Je suis rentrée de Bordeaux cet après-midi. J'aimerais bien vous dire : "voilà, la nouvelle direction que prend ma relation avec Nava sera celle-ci". Pas de direction. Quasi aucune conclusion à la suite de toutes ces heures qu'on a passé à discuter, à se disputer aussi parfois. Enfin si, une : il faut que les choses bougent. Voilà. Avec ça on est bien avancés.
Ce soir, avec Thiom, concert de Rachid Taha. Mirifique. Quand la réalité se fait dure, les gens qui arrivent à vous arracher à votre colère, à votre peine ou à votre tristesse pour un instant sont plus que précieux. Faire danser son corps, chanter, crier, applaudir, oublier. Oublier. Etre là et pas ailleurs.
Je ne sais plus très bien où j'en suis. Fin des émissions pour ce soir.

11:29 PM

dimanche, octobre 17, 2004  
Excellent timing
Mes voisins ont cessé de mettre de la musique et de bueuler comme à la foire internationale de l'argiculture... au moment où mon réveil a sonné.
Ca fait deux nuits consécutives qu'ils m'empêchent de dormir. J'ai des problèmes pas possibles avec Nava, on frise joyeusement la rupture, et alors que j'ai pas le moral et que j'ai besoin de toutes mes forces pour affronter ces moments-là, je fais des siestes mais je ne dors pas. Trois nuits de suite. J'en ai assez. J'ai vraiment envie de casser la gueule à quelqu'un. J'espère qu'il n'y aura pas de retardataire dans la cage d'escalier quand je sortirai, parce que la tentation risque d'être plutôt forte.
J'en ai marre, marre, marre.
Je pars donc, plus ou moins en catastrophe, à Bordeaux. Jusqu'à... a priori au 25. Peut-être que je posterai de là-bas. Mais si j'ai la possibilité de le faire, je ne sais pas si j'en aurai l'envie.
Je suis vidée.
Je suis mal.
J'aimerais que quelque chose m'enveloppe et ne plus avoir mal.
J'essaie de ne pas penser ce que je pense en ce moment.
J'essaie de ne pas penser au passé.
J'essaie de ne pas être en retard pour mon train.
A bientôt.

6:39 AM

vendredi, octobre 15, 2004  
Noeuds de pêcheuse
Je me prends la tête pour rien. Cette affirmation, c'est la rationnelle. En vrai, ce que je pense c'est que j'ai passé un moment affreux avec cette connerie de gastro-machin, que je me suis sentie seule, très vulnérable, et que je passe maintenant à une phase "pestiférée". Après l'isolement, l'exclusion. J'encaisse mal.
J'encaisse encore moins bien depuis que mon cerveau m'a resservi la remarque de mon médecin. Je lui demandais ce qu'il pensait du fait que j'étais supposée aller rejoindre mon amoureux pour six jours à Bordeaux. Il m'a répondu qu'à ma place, il irait. Je lui ai demandé si j'étais contagieuse, il m'a répondu oui. Gnnnnn.
Bon, donc on résume :
-je suis malade mais ça s'est arrangé et je ne prends plus un seul médoc (à part du Lexomil, mais c'est une autre histoire);
-j'ai été secouée par ce moment de solitude où je me suis sentie très vulnérable. J'avais envie d'aller me ressourcer là-bas.
-j'ai un amoureux qui a du mal avec la maladie, et qui en plus est débordé en ce moment. Dans le contexte de nos relations, j'avais pas besoin d'une ostracisation pour gastro-truc. Ca c'est le coeur qui parle, celui qui aurait aimé entendre :"Ah Bélinda, fi de cette gastro-truc, dussé-je l'affronter à mains nues, j'ai trop envie que vous soyez à mes côtés, ma mie". La tête, quant à elle, comprend très bien que c'est pas le moment, que ce genre de sacrifice ne s'impose pas.
Mais rhaaa.

9:05 PM

jeudi, octobre 14, 2004  
De la mode
Ce que j'aimerais bien comprendre c'est pourquoi je découvre la gastro-entérite (je ne sais pas comment ça s'écrit) quand je suis *toute seule*. Thiom est parti pour quelques jours de travail hors Paris.
Vulnérable. Toute la nuit, j'ai fait des contorsions cérébrales pour ne pas faire de malaise toute seule dans l'appartement vide. Je croyais encore que c'était une bête crise de foie, et je maudissais le calendrier qui faisait que ça m'arrivait maintenant que personne n'était là pour m'aider. Une nuit à se lever sans arrêt pour aller contempler les toilettes sans inspiration. Qui s'est terminée par une nouvelle phase de pliage en quatre par des crampes d'estomac. Si les plis avaient été conservés d'une fois sur l'autre, c'est sûr, en origami j'arrivais au chameau sans problème. Avec un palmier à côté.
Je devais voir Amli cet après-midi. 14h30. J'ai fini par me traîner jusqu'à mon ordi pour apprendre par mail qu'elle était tout à fait ok. J'avais un peu plâtré mon estomac, et ça me donnait vaguement l'impression d'aller mieux. A part les crises toutes les cinq minutes, les vertiges, et une totale incapacité à se tenir debout sans se croire dans une centrifugeuse. Elle devait faire une course dans mon quartier, et j'espérais secrêtement qu'elle pourrait m'aider, à aller retirer des sous pour payer sos médecin puisque là c'est clair, aller jusqu'au cabinet de mon médecin relève de la pure science-fiction.
Et puis j'ai Nava au téléphone. Je me geins, comme je le fais mais avec un public c'est mieux, et je lui décrit mes malheurs. Et c'est là que ça tombe : "ça serait pas une gastro ton truc ?", et de m'apprendre que c'est hautement contagieux. Aha. Elle est bien bonne. Je devais venir à Bordeaux le lendemain pour six jours. C'est bien huilé, le timing, dites donc.
Donc me voilà en quarantaine. Je ne peux décemment accepter aucun contact avec quelqu'un parce que je risque de lui refiler le bébé. Je devrais faire une lessive de serviettes avant que Thiom ne rentre, mais là je crois que ça va pas être possible.
Sur ce, j'ai mon premier repas depuis hier soir qui m'attend. Du riz. Rien que du riz. Revenir à l'esentiel et cesser de se plaindre. Et aller se coucher, parce que je suis en train de me construire toute une oasis pendant que je tape ce post.

7:42 PM

mercredi, octobre 13, 2004  
Le retour de Lalla
J'ai fait l'acquisition il y a longtemps d'un petit recueil de poèmes de la poétesse tantrique Lalla. Les poèmes sont très courts, mais très intenses. Je pensais venir ici poser l'un d'eux qui me semblait être le reflet de mon état d'esprit. Mais alors que je le copiais, je me suis rendue compte que je n'en étais pas encore arrivée là. Je ne veux pas vendre du faux espoir, j'ai trop souvent l'occasion de fausser la réalité sans le faire exprès. Alors après rectification...


Souffrante ou radieuse,
Que cela suive son cours.
Sourde aux sons extérieurs,
Aveugle aux objets,
Lorsque l'appel divin réveillera mon coeur
La lampe à huile brûlera,
Flamme toujours frémissante,
Au coeur de la tempête.



1:41 PM

mardi, octobre 12, 2004  
Anomalie
Ca vous arrive jamais de vous retrouver dans des situations complètement improbables ? Moi rarement, même s'il m'arrive d'en imaginer. La dernière en date qui me soit venue c'est d'avoir une mission très importante à confier à Kobal2 et pour lui donner les instructions lui donner rendez-vous au Salon du Mariage. Je l'imagine bien déambuler dans les allées remplies de futurs mariés roucoulant, réfléchissant à la couleur de la robe des demoiselles d'honneur et au décor des boîtes à dragées. Je me dissimulerais tout au fond du truc pour faire durer ce genre de combinaisons impossibles. Peut-être que si on déclenche ce genre de moments, les possibles dans la vie des individus ou dans l'"ordre du monde" s'élargiraient aussi ? Vu ce qui se passe en ce moment, est-ce qu'on risque vraiment à laisser se produire autre chose que ce qui découle de ce que nous avons construit jusqu'ici ? Mais là n'était pas le propos.
C'était avant-hier. Je me promenais dans le centre de Paris, quand au détour d'une halle je tombe nez à nez avec un petit porc tout noir. Là, je fais un peu le point sur la situation : je suis à Paris, sur l'Ile de la Cité, je suis certes au Marché aux Oiseaux, mais ça ne m'explique pas pourquoi je me retrouve face à un petit porc qui colle sont groin contre les barreaux de sa cage pour qu'on lui caresse le groin. Comprends pas. Je regarde le contenu des cages à côté :
-tourterelles, ok ;
-cailles, ... ok ;
-petit porc, stop, je ne suis pas très savante en ornythologie, mais il me semble que dans la liste il y a un intrus...
Bon, mais admettons. En regardant un peu plus loin, je vois des cages avec des hamsters, des cochons d'Inde, toutes ces petites bêtes collées les unes contre les autres parce qu'on était dehors et qu'il faisait pas bon rester dehors hier, mon nouvel ami avait lui-même la chair de poule (seul rapport avec l'appellation Marché aux Oiseaux où il se trouvait). Enfin, il paraît même qu'on laisse des hommes dehors.
Je reviens à ma liste d'animaux. Je me dis que faute d'être un rassemblement d'oiseaux, c'est un rassemblement d'animaux de compagnie. Bien. C'est vrai qu'une caille, ça a un joli plumage, et je suppose que ça doit pas être beaucoup plus stupide qu'une tourterelle (vous lancez pas dans un plaidoyer : j'en ai eu). Mais un petit porc. D'accord, quand c'est petit, c'est vraiment mignon, j'ai fondu en voyant ses petites prunelles brunes, et sa frénésie de caresses (à moins qu'il n'ait voulu me manger le doigt, mais je prends le parti de l'optimisme aujourd'hui). C'est pas bête comme idée, un petit porc, pour consoler les gens qui n'osent pas ou ne veulent pas prendre un pitt-bull. On se promènerait avec des vieux légumes dans nos poches et tout le monde serait ravi.
Jusqu'à ce que tout ce petit monde grandisse. Non parce que un petit porc, ça finit par ressembler à ça. Imaginez-vous s'il lui vient l'envie de venir vous faire un câlin sur le canapé. Je sais, la vérité est écrasante.
Je n'ai pas demandé au vendeur si ça arrivait souvent qu'ils en vendent. N'empêche, ça m'a fait plaisir de passer ce petit moment irréel avec ce petit porc.

5:35 PM

samedi, octobre 09, 2004  
Compromis
Quand on veut vraiment se sortir d'un problème, il faut essayer toutes les solutions, n'est-ce pas. J'ai pensé recourir à la psychologie pour lutter contre mes angoisses, mes frustrations amoureuses, mon mal être en général. Seulement voilà, quand on a l'histoire familiale et amoureuse que j'ai eue, il faut s'attendre à passer beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps à planter le décor avant d'arriver à la simple formulation des problèmes. Or je ne suis pas spécialement fortunée, et je crois pour le moment que je peux essayer de me débrouiller toute seule. Me voilà donc dans la lecture de "Devenez votre propre thérapeute" de Ginette Plante. Ginette Plante : il ne faut pas être superstitieux. C'est le livre que j'ai trouvé au rayon psychologie de Gibert, ça m'a eu l'air relativement sérieux. On verra bien. Pour le moment j'ai lu son topo sur les relations humaine et la communication humaine. Il y a déjà des remarques qui ont appelé un écho chez moi, mais je ne préfère pas m'étendre davantage sur le sujet. Pas maintenant, peut-être pas ici, non plus. Je ne sais pas.

Et puis comme il faut vraiment tout essayer, j'ai craqué pour un CD. J'ai entendu à la radio cet après-midi un morceau de quelques années, qui m'a donné une furieuse envie de monter le son et de m'agiter dans tous les sens. Vu mon état de Lexomil-girl, j'ai tiqué. Effet boeuf même par temps de pluie. Waouh. Je suis même allée jeter un oeil sur le site de la radio diffuseuse de la précieuse onde euphorisante pour découvrir le nom du groupe. Ca disait : "Big Soul". Tiens. Big Soul. Je pense bien que c'est ce qu'il y a d'écrit sur une affiche de la chambre de Nava, j'appelle pour vérifier. Confirmation. Big Soul, donc, le premier album, rentre avec moi samedi après-midi dans son petit emballage kraft d'O'CD, s'installe presque tout seul sur la platine, et là, les lumières de ma chambre me semblent un petit peu plus claires...

11:51 PM

jeudi, octobre 07, 2004  
Communautés
On se plaint parce que je critique régulièrement la famille. La famille il est vrai est mon souffre-douleur favori, mais avec ses quelques particularités qui la rendent plus amusante encore, ça reste une communauté.
Ce post est inspiré d'une remarque qui m'a été envoyée sur un forum où il m'arrive encore de traîner quand le désoeuvrement ou la fatigue me prennent. Je n'y viens pas souvent et je mets un point d'honneur à connaître le moins de ragots sur cette communauté qui se voit dans la vraie vie par ailleurs.
J'étais tranquillement en train de discuter avec un jeune homme quand celui-ci a pris la mouche parce que je m'étais fiée à son profil et que son profil disait qu'il habitait à Orléans. Alors qu'en fait pas du tout, malheureuse ! Du coup je n'ai jamais su où il habitait et le café que je lui devais pour le petit service qu'il m'avait rendu, il le prendra à son travail, à la machine à café.
Ce n'est pas grave, et je n'en parlerais pas si ça ne me semblait pas symptomatique d'une des plus agaçantes manies des communautés, celle de dissimuler ou de crypter*. Le savoir c'est le pouvoir. On essaie d'assurer la cohésion du groupe en construisant un ensemble de codes complexes reposant sur la mémoire du groupe. Si tu as les mots magiques, tu entreras, si tu ne les as pas, tu restes dehors. La cohésion nécessite-t-elle absolument l'exclusion ? Ca serait quand même pas croyable que ça fonctionne de cette manière. Pourtant j'ai un autre exemple qui va dans ce sens, c'est la pratique du bouc émissaire.
Passée une première euphorie du groupe nouvellement constitué, moment où chacun prend son rôle dans la communauté et découvre l'autre, l'ennui s'installe. On a sorti tous les éléments factuels qui composent les discussions superficielles à moyennement profondes, et on commence à s'ennuyer. Arrive une personne qui va permettre au groupe de reprendre un nouveau souffle : le bouc. Cette personne peut avoir intégré le groupe en même temps que les autres, ou débarquer en cours de route, il me semble que ça ne l'empêchera pas de jouer ce rôle qu'elle n'a pas choisi. Taper sur l'Autre offre des possibilités de discussions nouvelles, de la consultation grave sur son état mental à la volée de blagues sur son physique (elle est rarement top model), sa diction, ses fringues, son goût pour la poésie médiévale aux tournants des XIVe et XVe siècles.
Et ça encore, c'est désagréable, mais il y a aussi l'enfermement. Communauté centripète. Rien que l'adjectif n'est pas joli. Tout le monde est officiellement ami avec tout le monde, alors tout le monde dit à tout le monde tous les petits secrets qui lui ont été confiés moyennant la promesse de ne rien répéter. Et puis naturellement, quand la communauté est exclusive (on se voit tout le temps), tout le monde couche avec tout le monde. C'est fait avec plus ou moins de finesse et de poésie mais on en vient plus ou moins à ce constat. Et comme on est en vase clos, on peut jouer à Sartre à loisir, en se convainquant qu'on vit une véritable tragédie. Au moins on a l'unité du lieu. c'est un peu comme être coïncé dans le métro aux heures de pointe : si on a le malheur de bouger un tout petit peu, on va éborgner son voisin avec son parapluie, et en essayant de ranger ses mains, on va frôler de manière équivoque les parties intimes de son petit camarade d'à côté. Tout est comme déformé par une loupe grossissante.
Je suis peut-être asociale, mais j'ai horreur de ce genre de situations. J'aime passer du temps avec un ou une amie, échanger autant que possible du vrai, éviter la représentation qui se déclenche si rapidement à partir du moment où il y a un public, c'est à dire plus d'une personne qui regarde.
Je suis aussi bien dans ma chambre, avec un thé aromatisé qui fume dans la cruche, quelques bouquins que j'ai envie de lire, et des numéros de téléphones de gens que je peux appeler pour boire un verre en tête à tête. Mais pour le moment je suis un peu en repli sur moi-même, j'ai des choses à régler avec moi, je suis fatiguée. Reviendront les grandes réceptions à dix personnes. Quand je serai sûre de ne pas passer pour la larbine de service, aussi (mais là c'est un autre problème) ;-)

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* Vous pourriez me répondre : oui mais toi aussi tu cryptes parfois tes posts, alors ? Et je vous répondrai que ça ne fonctionne pas pareil, que le but premier n'est pas le même, que les effets non plus parce que je suis toute seule à faire ma cryptique et qu'il n'y a pas cinq mille pingouins pour hocher la tête d'un air entendu et donner envie de mourir au nouveau venu.

11:25 AM

mercredi, octobre 06, 2004  
Une solution non rationnelle à un problème d'ordre non rationnel...
Je suis retournée chez mon médecin pour lui demander ce que je devais faire de mon nouvel ami vert (non, pas Hulk, non, pas Géant Vert [mais tu te rapproches]). C'est que je m'y suis attachée, à mon Lexomil, même si je n'abuse pas beaucoup de lui... Et bonheur, j'ai la bénédiction de mon médecin pour continuer un bout de chemin avec la petite boîte à barrettes blanches.
Je lui ai dit que le but n'était pas de cimenter la situation, que c'était du temporaire. Que mon but à moi c'était d'apprendre à percevoir les choses différemment. Il m'a demandé comment je comptais m'y prendre. Je lui ai sorti tout un topo, en disant que bien sûr c'était des perspectives. Quand j'ai eu fini, il m'a demandé si je me rendais compte que je sortais toute une armada de solutions rationnelles pour une chose qui ne l'est pas. J'étais bien emmerdée. Parce que faire du yoga, penser à penser aux choses agréables, faire du théâtre, me raisonner, je sais faire. Prendre un quart de Lexomil, c'est facile. Faut pas boire d'alcool mais à part ça je m'en sors très bien.
Mais trouver une solution non rationnelle à un problème de nature émotive... C'est pas évident. Le seul truc envisageable auquel je pense est l'analyse. Ou la rupture immédiate et définitive avec les personnes avec lesquelles j'ai des problèmes. Mais je sais que j'emporterais avec moi le malaise, l'oeil de Cain, tout ce genre de choses...
Quand j'y repense, la première peur qui me vient c'est qu'on me dise que ma perception de l'amour est névrotique, qu'il faut que j'en change. Je veux bien me "soigner" mais j'ai terriblement peur du tiède. Et l'amour est mon principal combustible.
Je sais que cette conception a été en partie modelée par mon vécu, le non-amour de ma mère, l'indifférence des autres membres de ma famille, ma non-adaptation à cette cellule et le sentiment de rejet (pas nécessairement négatif, mais bon) qui a suivi. Mais j'aime aimer comme ça et je suis assez folle pour penser que c'est beau d'aimer et d'être aimé de cette manière. En plus, vu la fragilité de l'amour, je ne vois pas comment il pourrait survivre sans cette force vive, hors du commun, qui se dégage d'un tel amour.
Je ne veux pas qu'on me propose un "amour pour couples actifs" ("comme la cuisine pour couples actifs"), avec des loisirs à faire ensemble tous les samedi après-midi parce qu'on est tellement indifférents qu'on y pensera pas si c'est pas marqué dans l'agenda. Je ne veux pas de relations amicales où "tiens, c'est la quatrième fois qu'elle me dit qu'elle veut me voir et qu'elle décommande à la dernière minute, faut comprendre, elle est tête en l'air. De toutes façons ça tombe bien, je m'emmerde un peu quand je la vois, je vais plutôt me faire un ciné".
Je ne veux plus de ma famille naturelle. Il y a eu un temps où je me donnais encore le choix de recoller les pots cassés. Maintenant c'est comme si je ne l'avais plus. Je veux une famille que j'aurai choisie, avec dedans des gens que je respecte. Etre là quand ils ont besoin de moi et qu'ils soient là quand j'ai besoin d'eux. Je veux des amis sur lesquels je puisse compte un minimum, c'est grave, ça ?
Je ne veux pas vivre dans la normalité. Je ne veux pas apprendre à aimer ma mère, je ne veux pas apprendre à me sentir concernée par le sort de ma grande soeur ou de son mari. Je crois que refuser de faire quelque chose parce que le faire n'est pas "normal", c'est giffler tous ceux qui avant nous ont fait oeuvre d'innovation, du premier qui s'est mis debout pour attraper des fruits aux branches des arbres à celui qui a dit que la terre était ronde, ou encore celui qui a osé dire tout haut que peut-être, peut-être, les noirs étaient des êtres humains.
L'anormalité, ça s'assume, aussi. C'est pas nécessairement qu'un accessoire de mode qu'on porte en bandoulière pour aller draguer aux manifestations. Sisi, je vous jure.
C'est très séduisant, l'anomalité. Très glamour quand la fille pleure, mais sans que ses yeux et son nez deviennent tout rouges, parce que là c'est plus glam. Très sexe quand c'est un poster du Che dans la chambre mal rangée de l'apprenti anarchiste qui se plaint parce que ses parents (pardon, ses renps) lui donnent pas assez d'argent de poche (non mais tu te rends compte ? Avec la hausse du shit, comment je vais faire pour acheter le dernier album de Saez la semaine prochaine ?). Très tendance quand il s'agit d'aller écrire "à bas la pub" sur les affiches publicitaires. Faut que ça soit anormal, mais pas trop, comme sandwich au curry que l'on sert chez Mac Donald's. Consensuel. Ben non. Moi Fabienne Franseuil, je n'ai pas un taux d'anormalité "consensuelle".
Parfois ça n'est pas joli. Parfois, ça fait mal et ça fait juste mal. Et c'est pas grandiose comme le serait l'anticonformisme. Je fais des choses simples, ma vie n'est pas si baroque qu'il semble à certains. Je ne tombe pas nécessairement dans l'excès, mais pour te le montrer il faudrait que je sois raisonnablement heureuse.
Moi je suis pas "tellement dark que tu pourras jamais comprendre, tuwaaaaa". Au contraire, l'ami(e), l'amant, j'aimerais que tu me comprennes. Et je te supplie de me croire que je fais tout ce que je peux pour que tu comprennes. Et même si ça n'est pas apparent en ce moment parce que j'ai plutôt mal, j'essaie aussi de comprendre. Ne t'en fais pas pour le mystère, il restera bien assez de zones d'ombre pour qu'il s'y niche confortablement. Si l'être humain était si simple, ça se saurait.
Eh bien. Ca part dans tous les sens. En plus j'ai en partie retouché mon post pour ajouter ou enlever des passages en cours de route, ça promet d'être bien incompréhensible. Ne vous fiez pas à l'apparent mystère du texte : comme l'a dit mon médecin, c'est "un petit fond de dépression" qui fait parfois boire la tasse dans un verre d'eau. Beaucoup de vaisselle pour rien.

4:37 PM

lundi, octobre 04, 2004  
En-vie
Je passe ici avec des idées en vrac pour dire tout d'abord que je suis toujours vivante. Nava est venu ce week-end, il est reparti ce matin. Moments étranges, moments difficiles, moments d'incompréhension et de compréhension mélangés. Et puis des moments bien. Plusieurs. Elle est difficile à gouverner, la barque, en ce moment, mais je trouve qu'on s'en est pas trop mal tirés.
J'ai participé à la Nuit Blanche avec Nava et un couple d'amis. Tous les blogueurs en ont déjà parlé, alors vous fais un compte-rendu télégraphique : Antigone, fourmis, bal sous la neige (mais où sommes-nous ?), Pékin (ouvre moi la porte, toi qui as la clé), flash-mob (et mon coeur de s'ouvrir comme une pivoine), Buster Keaton (... l'idéal féminin, les yeux cernés de noir et l'air rêveur, une autre époque).
Dimanche, quartier chinois. Une vague de souvenirs d'adolescence qui reviennent. Les parfums, les gens qui s'activent tranquillement pour faire leurs courses, parlent dans la rue, générations et cultures mélangées. Rappelez-vous : moins on est bien reçu au restaurant, plus il ressemblera à une cantine, meilleure sera la nourriture. Paradoxe des restaurants asiatiques de ce quartier, ça s'est encore vérifié.
Et puis les tours, dont les innombrables fenêtres ont bercé mes premières années à Paris. Tant de gens dans une seule tour, tant de vies exposées à qui sait regarder les rideaux, les petites lumières qui s'allument le soir. Apaisement du nombre qui s'active vers 19h, de la cuisine au salon, du salon à la chambre. Parfois, vers 23h, les lumières des cuisines se rallument, pour une petite faim ou une tisane. Impersonnelles, les tours ? Celles de la Défense, peut-être, mais celles-ci ! Ami, regarde-les plus attentivement la prochaine fois.
Old Boy. Un film coréen. J'ai la grande flemme d'aller chercher le nom du réalisateur, mais là n'est pas l'important. Au milieu de l'esthétique époustouflante des images, du caractère corrosif du scénario, un détail me propulse des années plus loin dans ma propre vie. C'est tellement puissant que ç'en est indécent. Un homme dont les yeux se révulsent. Le sang irriguant de manière brutale toutes les zones du cerveau. L'anarchie du sang qui s'invite là où il ne devrait pas aller. Rupture d'anévrisme. Mon père, été 1989. Assis dans ce fauteuil rembourré. Buvant de l'eau sucrée parce qu'il pensait que ses vertiges venaient d'une hypoglycémie. On allait se mettre à table. Je crois qu'il a compris son erreur de diagnostique au moment où ses yeux on commencé à se révulser. "Marie, appelle les urgences". Diction pâteuse, cette zone du cerveau était déjà touchée. Et puis cette phrase, tourné vers mes frères et soeurs, et moi : "rappelez vous : je suis conscient". Il répétait ça tandis que sa diction se faisait de moins en moins audible. Et puis avec affolement : "je ne vois plus rien".
Il faisait un temps magnifique ce jour-là. On allait partir en vacances. Je m'inquiétais pour mon dernier bulletin de classe, ça allait gueuler à la maison. Sur le balcon ensoleillé, les capucines faisaient des corolles oranges et jaunes, des feuilles d'un vert triomphant. La vie paraissait vouloir se faire plus douce que d'habitude, par goût de l'ironie, je suppose.
J'ai envie de demander pardon d'avoir écrit de souvenir. J'avais besoin de le poser quelque part. Même avec ce que je sais de mon père, même avec ce que je sais de ma famille, et ce que je pense de tout ça aujourd'hui, ça m'est revenu avec une violence que je n'attendais pas.

6:24 PM

jeudi, septembre 30, 2004  
La première fois
Ce soir c'était la première fois. Je ne sais pas ce que ça signifie, ce que ça implique. Je suis harassée, j'ai l'impression d'être lacérée de partout, le moindre souffle me fait gémir. J'en demanderais presque qu'on ait pitié de moi, qu'on m'achève. Presque, mais pas encore tout à fait.
Mais ce soir j'ai dit que c'était la première fois. Quels choix reste-t-il ? Je fais ce que je peux pour tenir, mais je vois bien que des choses se sont accumulées quelque part et que la lassitude se fait plus intense, et que cette donnée est de plus en plus difficile à maîtriser. Il y a encore des petits miracles, comme mon envie subite et profonde, la semaine dernière, de voir Nava le week-end dernier. Un week-end avorté, d'autres douleurs, d'autres incompréhensions... Je ne me fais pas d'illusions, ça ne se serait probablement pas passé dans la soie, mais avec l'envie sincère au départ, ça s'annonçait mieux. Ce soir je suis encore perdue, il y a encore de la glace sur l'écouteur de mon téléphone. Je vais me coucher en chien de fusil pour avoir plus chaud.

1:13 AM

lundi, septembre 27, 2004  
Appel à l'aide
Là encore, pas de quoi composer le 18 (lâchez ce téléphone immédiatement). Mais ça me tarabuste depuis des mois, et comme vous êtes tous très informés, curieux, dotés d'une mémoire éléphantesque, je fais appel à vous.
Surtout à ceux qui traînent dans les rayons de livres pour enfants, en fait.
Je suis tombée sur un petit livre que j'ai lu dans une librairie il y a peut-être un an, voire plus.
A la fin, j'avais la gorge nouée, les yeux qui clignaient tout ce qu'ils pouvaient pour éviter que les larmes ne coulent. Je crois que je n'y suis pas arrivée.
C'est un livre en dessins pastels qui mettait en scène deux petits animaux (des hamsters ? des rongeurs ?), un petit rongeur et une petite rongeuse. La petite rongeuse commence une phrase comme "Je voudrais...", et le petit rongeur essaie pendant tout le livre de trouver ce qu'elle pourrait bien vouloir. Il lui propose toutes les choses les plus délirantes, il cherche, il cherche, et finalement, ne trouvant pas, il finit par lui demander de lui dire, enfin, ce qu'elle voudrait. Et c'est si simple finalement.
Moi, à la fin, je pleure. Pas du tout parce que ça m'évoque des échos de ce que je vis depuis que j'ai six ans, et sur quoi je travaille depuis dix ans au moins, nonnon pas du tout.
Je crois que le livre d'intitule comme "Je voudrais", "Je veux", "Je voudrais te dire", mais ça n'est pas le livre de Jennifer Dalrymphe, "Je voulais te dire". Ca n'est pas non plus "Je veux un bisou !", de Norac et Dubois, un livre très joli que j'ai temporairement en ma possession (et que je conseille d'ailleurs).
Si vous m'aidez à retrouver ce livre, vous méritez une place sur l'autel de mes ancêtres (dommage que je n'en aie pas...), ma reconnaissance profonde, et on verra pour votre récompense. Ca dépendra de la personne qui trouvera.

1:17 PM

dimanche, septembre 26, 2004  
J'ai craqué
On se calme, ça n'a pas été la crise de larmes, le cataclysme amoureux. Non, ça va, j'ai juste craqué sur un petit truc, un petit truc entre moi et moi. Je viens juste de le faire. Je me disais qu'il ne fallait pas mais j'ai pas eu l'envie de m'empêcher de le faire parce que ça n'est pas très important. Quand tout s'effiloche jusqu'à ce qu'on ait du mal à discerner les données du problème, et même qu'il y a un problème, on ne sait plus trop quoi faire.
Je voulais juste savoir pourquoi j'avais tant de visiteurs d'un coup et j'avais la flemme d'aller jeter un oeil sur mes statistiques difficiles d'accès et plus que partielles. Je suis allée vérifier qu'il n'y avait pas de lien dans ma direction. Rien. Bon, c'est juste que je suis une star ;-) Ou qu'il y a une ou deux personnes qui attendent fiévreusement une réponse supplémentaire à leur commentaire. Si c'est le cas, je répèterai que je n'ai rien à dire de plus, du moins ici. Par contre j'ai un mail, ça marche très bien (la plupart du temps).
Pardonnez moi pour ces considérations techniques, si je me mets à vous parler de Php arrêtez moi tout de suite ;-) (le pire c'est que je vais peut-être m'y mettre, mais c'est pas sûr et puis chuuuuut).

2:23 AM

vendredi, septembre 24, 2004  
It's hard to believe there's nobody out there, hard to believe that I'm all alone
Ca s'est produit il y a dix jours, peut-être deux semaines. Avenue des Gobelins, je m'active pour tenter d'attraper une improbable séance de ciné. Penser à autre chose pendant deux heures et demie, laisser le reste à la porte du cinéma pendant presque toute cette durer, se concentrer sur le dernier navet sorti et en exprimer le meilleur parce que pour le moment il n'y a que ça. Que je n'ai pas l'énergie pour aller voir autre chose. Un vrai film, un film attendu, il faut en être digne, on n'y va pas n'importe comment, fatigué, pas disponible dans sa tête pour en profiter. Mais je m'éloigne.
Mon amie la petite boîte verte agit déjà sur mon humeur, nivelle la route, un peu. Mais je rumine, et je suis seule, il y a plein de gens autour de moi et je suis seule. Il pourrait y avoir à côté de moi celui à qui je pense et il n'est pas sûr que je ne me sentirais pas encore seule. Je rumine. Les choses ne sont pas telles qu'elles devraient être. Je suis seule, j'ai envie d'appeler au secours, de hurler pour qu'on me vienne en aide. Je traverse le boulevard Saint-Marcel et j'ai envie de m'agenouiller en criant "à l'aide, je suis blessée, je vous en prie, aidez-moi".
Et c'est là que ça se produit. Je ne sais pas si c'est mon état d'esprit ou la doublure de la petite veste grise que je porte, mais j'éprouve très distinctement une sensation au niveau des épaules. Quelque chose de très doux, se pressant contre mon dos, au bas de ma nuque et sur le dessus de mes épaules. Doux, à la fois chaud et tiède, comme du duvet. Un bref instant me sens apaisée, rassurée. Je pense à un ange, un ange qui me prendrait dans ses bras. Les images de Chroniques du XXIe Ciel défilent dans ma tête.
Et puis je réalise la contradiction. Pas besoin d'avoir suivi quatre années de cours d'anatomie angélique pour la comprendre : si un ange me prenait dans ses bras, c'est avant tout la chaleur de son torse que je devrais sentir dans mon dos, et non le duvet du creux de ses ailes. Limpide. Et vaguement déroutant.
Mes errances oniriques ont parfois une clarté et une sagesse qui dépasse ce dont je me sens capable avec ma raison. J'en suis encore perplexe... Pour ceux qui aiment les Signes, je rajouterai que le surlendemain de cette soirée, Thiom arrive dans ma chambre en me disant "tiens j'ai un cadeau pour toi". A son air niais, j'attends la merde qu'il va me tendre pour que je la jette à la poubelle à sa place. Il cherche retourne son vêtement dans tous les sens et me tend... une plume de duvet.
Je n'ai rien dit sur le moment mais j'ai pensé : "d'accord, d'accord, je vais l'écrire, ce post, je me donne quelques jours encore et je l'écris".

1:27 PM

lundi, septembre 20, 2004  
Succession d'éléments
Je me prépare à aller faire des courses au supermarché du coin pour la soirée du lendemain. En passant, une question me vient. Une question dont je n'ai pas la réponse, dont je ne sais même pas si ça a du sens de se la poser. Même une ou deux bonnes heures après l'avoir écrite, je ne sais pas s'il faut répondre oui ou non. Je ne sais pas si je saurai un jour, et je ne sais pas si c'est très important en soi.
Ce que je sais, c'est qu'après avoir écrite cette phrase, après l'avoir parcourue des yeux, j'ai senti quelque chose monter très vite et de très loin une sorte d'explosion interne qui chercherait à sortir par tous les moyens. J'ai commencé à frapper des poings sur mon bureau, mais à la limite de la douleur, ça ne suffisait pas, en moi j'avais toujours cette chose qui me faisait de plus en plus mal. Un conflit limpide : détruire ou se détruire. La première fois que ce conflit m'apparaissait aussi clairement.
Je suis allée dans la cuisine comme une somnambule, et là j'ai jeté au sol un bocal vide posé sur le rebord de la paillasse. Détruire ou se détruire. J'ai dû le jeter assez fort, parce qu'ensuite j'ai constaté qu'il y avait des morceaux de verre jusque dans les endroits les plus incongrus, même dans d'autres pièces. Je me demande si dans certains cas rester dans les limites du raisonnable n'est pas le poison le plus subtil qui soit pour asphyxier les êtres. Cette découverte me trouble et sur le coup je ne sais plus dans quelle direction il faut lutter. Ce que je sais c'est que c'est la première fois que je décide de détruire au lieu de me détruire. Il est trop tôt pour tirer une quelconque conclusion.
Je résiste toujours au deuxième quart de Lexomil. Trouver un équilibre, bordel, trouver une solution. Je pense à Kobal2.
Si j'ai vraiment envie de pleurer, je le prends, ce deuxième quart.
Au moment où j'écris ces lignes, Lexomil vient de gagner.
Tiens non, finalement peut-être pas.

8:44 PM

dimanche, septembre 19, 2004  
Arcanes
-Que me veux-tu ?
-Je t'ai convoqué pour t'avertir. Toi comme tous les autres. Je t'ai laissé me mener trop longtemps, à présent ça suffit. Inversons les rôles. Ouvrons un cycle nouveau : j'ordonne et tu m'obéis. Je ne te demanderai rien, tu n'as qu'à me suivre, mais à distance, s'il te plaît.
-Tu sais que ça n'a jamais fonctionné comme ça. Je te trouve bien présomptueuse de vouloir me soumettre.
-On te dit puissant, mais ce monde où nous parlons c'est le mien. Tu existes tant que je dis que tu existes. Si je cesse d'avoir confiance en toi, tu disparais, et ce pouvoir, tu sais que je l'ai. Je suis capable de l'exercer. Tu veux un fauteuil, je t'offre un strapontin, et j'ai hésité avant de t'offrir autant.
-Tu es au courant que des comme toi il y en a beaucoup ?
-Je sais bien. Mais tu sais l'étendue de mes qualités, tu sais ce dont je suis capable. Si tu t'étais un peu plus occupé de moi je n'aurais peut-être pas eu à te poser cet ultimatum.
-Voilà les grands mots ! Un ultimatum !
-Les grands mots, tu connais, il me semble... On ne te sert que ça à longueur de journées. Ne prends pas à la légère ce que je te dis. Un dernier mot et notre entretien prendra fin : si tu t'avises de persister dans tes petites habitudes, non seulement tu disparaîtra, mais je te remplacerai. Et pas par l'un de tes collègues, qui sont tous aussi pense-petit que toi, non, par un Autre, dont l'écrasante supériorité t'atteindra jusqu'aux confins où tu chercheras à te cacher. Tu sais très bien que je n'ai jamais voulu te comparer, mais si tu ne m'écoutes pas, tu souffriras par où tu as péché. Et ta jalousie est légendaire, tu l'as suffisamment vantée à qui voulait l'entendre. Pèse bien tout cela avant de t'adresser à moi à nouveau.

9:33 PM

samedi, septembre 18, 2004  
Repentirs
Je parlais tout à l'heure de ma relation avec Nava, et je disais que j'avais des torts. Ca m'est venu comme ça mais ça n'est pas si simple. Penser les choses de cette manière c'est croire qu'il faut que l'un ou l'autre ou les deux fasse telle chose pour que "ça aille bien", et que si ça ne marche pas c'est parce que l'un ou l'autre ou les deux commet une erreur en ne prenant pas la mesure, ou n'y arrive pas. Si c'était si simple on pourrait dire :
"- Ah, Gudule!

Excuse-toi
Ou je reprends tout ça
Mon frigidaire
Mon armoire à cuillères
Mon evier en fer-reu
Et mon poêle à mazout
Mon cire-godasses
Mon repasse-limaces
Mon tabouret à glace
Et mon chasse-filous

La tourniquette
A faire la vinaigrette
Le ratatine-ordures
Et le coupe-friture

(Je sais pas pourquoi j'avais envie de citer cette chanson de Vian)

Donc non, ça n'est pas si simple. D'abord parce que c'est difficile d'en vouloir à quelqu'un de ne pas (vouloir) faire une chose qui revient à le changer considérablement. Parce que c'est difficile d'en vouloir à quelqu'un qui a suffisamment d'honnêteté pour dire même les sentiments peu reluisants qu'il a éprouvés contre ses convictions. Parce que c'est aussi difficile d'en vouloir à quelqu'un de ne pas faire une chose qu'il est incapable de faire. Parce qu'on ne sait pas, en fin de compte, si ce qui se passe dans notre vie tourne au bien ou au mal. Je suis passée par des moments qui m'ont paru si sombres sur le coup, pour ensuite s'avérer de le seuil de véritables libérations. Le jour et la nuit. Il y a de quoi douter...
Enfin tout ce que je dis, c'est assez théorique, car quand on souffre, souvent on devient bête, tellement bête qu'on en vient à chercher un bouc émissaire, un grand méchant contre qui se retourner, parce que toute cette douleur il faut que ce soit quelqu'un qui l'ait déclenchée, et que si possible cette personne soit punie. Il y a des gens qui punissent une personne extérieure, leur amoureux ou leur amoureuse, il y a aussi des gens qui se punissent eux-mêmes, parce qu'ils se sentent de toutes façons intrinsèquement indignes d'amour et qu'ils ont eu la prétention d'aspirer à être aimés. Certains se le font payer cher, très cher. Je crois avoir vécu jadis ce genre de situations ; les choses ont heureusement largement changé...
Vous voyez, c'est encore très décousu. J'ai l'envie d'écrire mais pas l'énergie de composer un post avec une vraie charpente. J'ai hâte que mon énergie revienne, j'ai l'impression que mes envies sont "voilées" par la fatigue ; je les distingue, elles sont bien là, mais ont du mal à s'exprimer dans le monde concret...

4:26 PM

 
Et Fabienne Franseuil découvrit... le week-end
Silence radio car rhume carabiné, fatigue en couvercle de plomb.
Il s'est passé des choses. En début de semaine j'étais pleine de doutes, ma relation avec Nava me posait des problèmes incommensurables. Et puis on a parlé et encore une fois je recommence à y croire. A chaque fois ça a quelque chose de magique. Là où c'est vraiment curieux, c'est que des solutions palpables, euh, ben il n'y en a pas des masses. Mais vouloir y croire c'est déjà un très grand pas de franchi.
J'ai des torts, c'est pas parce que c'est moi qui tiens la plume électrique qu'il faut que vous oubliiez ça. J'angoisse beaucoup et un peu sur tout. Si à ça vous rajoutez une espèce d'idéalisme délirant, vous imaginerez sans difficulté combien dans mes moments de crise mon monde peut être à géométrie variable.
C'est que je veux beaucoup. Je me suis souvenue il y a quelques jours, qu'à seize ou dix-sept ans (dix ans déjà...), j'avais sorti à Thiom et L'ours blanc qui nous tient lieu d'ami : "moi je voudrais devenir quelqu'un". Ils s'étaient un peu foutu de moi, et je m'étais un peu ratatinée de vexation. Mais tout de même, cette petite phrase toute bête, elle a encore du sens. Même après mes différentes prises de conscience, qu'en fait on n'est rien, que la gloire, l'intelligence, ne sont que des constructions humaines, que tout le monde s'en fout, de nous, sauf nos proches, et que je préfère qu'ils ne pleurent pas trop longtemps ma mort parce qu'ils ont aussi leur vie à vivre et qu'elle est courte. Elle est bien longue cette phrase, j'espère que je vous ai pas trop perdus...
C'est amusant que dix ans après cette formulation me revienne l'idée, formulée plus bellement, de la bouche d'un petit mec plein d'ambition et délicieusement humain : "Moi, moi, j'veux être grande et belle".
Aurais-je perdu le fil ? Si peu... ;-) J'avais commencé sur un discours descriptif des dernières choses qui se sont passées depuis que je suis venue écrire ici, et je me retrouve à parler de choix de vie. Plutôt que de revenir au menu, j'enchaîne avec un petit problème d'identité.
Je m'inscris cette année à un cours de théâtre. Je ne sais pas si je vous ai parlé de ma première expérience du théâtre (j'avais quatorze ans), mais j'en garde un souvenir ébloui. Si je commence à en parler maintenant on ne va plus s'en sortir. Donc, j'ai la confirmation que je peux m'inscrire à ce cours, et je discute avec la responsable de l'atelier, avec qui le courant passe plutôt bien. Avant de raccrocher, elle me demande de préparer un texte de mon choix qui lui permette de "voir à qui elle a affaire". Parler de soi, imaginez l'aubaine ! Sauf que ça n'est pas si évident : il y a bien des textes qui "parlent de moi", qui me touchent profondément, mais à chaque fois c'est seulement une partie limitée de moi qui est concernée. J'avais pensé à un passage de l'Antigone d'Anouilh (le début, ou l'entrevue de Créon et d'Antigone), j'avais pensé au >i>Dieu des Petits Riens d'Arundhati Roy. A moins que je ne parte en sucette et que j'amène un article d'économie et que je travaille dessus pour en faire la chose la plus triste qu'on ait jamais entendue... Je ne me sens pas l'envie d'écrire un truc sur mesure, si rien ne vient je devrais peut-être y réfléchir.
Bon, c'est très décousu, j'en conviens, mais c'est venu comme ça aujourd'hui. C'est ça aussi, le week-end, faire les choses comme elles viennent...

2:52 PM

dimanche, septembre 12, 2004  
La fête de l'Huma
Il fallait un peu s'y attendre, bien peu d'humanité dans cette fête. Je passe sur le logo TF1 placé juste à droite de la Grande Scène, je passe aussi sur certains petits trucs qui donneraient furieusement envie d'être de droite.
La fête de l'Huma, au moins, c'est le gentil petit bordel. Hier avec les complications de trajet, on avait pas l'impression d'aller au parc de la Courneuve, mais en Italie, en Espagne, quelque part, loin. Un vent de voyage sur fond de transpirations mêlées, de promiscuité ponctuée de regards un peu gênés. Je suis partie avant six heures pour passer les portes de la fête vers 20h30. Le temps de me précipiter écouter les Marcels qui avaient déjà commencé depuis un petit moment. Ambiance surchauffée, des corps allongés dans la pénombre, j'enjambe comme je peux avec mes chaussures à semelles compensées spécial concerts. J'avance, et à chaque pas, je sens la colère, la tristesse se mélanger pour engendrer en moi un désir de me battre, ou de me faire mal. Je fonce de plus en plus vite, je creuse dans la foule jusque là où ça bouge, jusque là où ça fait mal, jusque là où je devrais pas être. J'ai envie de slammer, je me dis "et qu'est-ce qu'il se passerait si..." Et puis je réalise, encore une fois, que se faire du mal ne résoudra rien. Que si je ne fais pas attention à moi, personne ne le fera à ma place. Ca ne changera rien à ma tristesse, à cette putain de solitude accompagnée que je ressens, et qui me tenaille alors qu'avec mon quart de Lexomil tout glisser sur un lit de duvet. Il est peut-être temps d'en reprendre un quart, mais non, non, non. Je retourne tout ça dans ma tête en m'éloignant, après le concert. Je m'allonge, la tête sur mon sac, je regarde le noir du ciel et je laisse les larmes couler puisqu'elles en ont envie. Un sms à Nava, il comprend de travers, je rectifie, il appelle, je n'entends pas. Je ne profite plus trop de la fête, mes pas me ramènent jusqu'à la navette, je me rentre. Fin du premier jour.
Ce dont je n'ai pas pas parlé : les lumières des manèges dans la nuit, les odeurs de bouffe diverses, les musiques toutes mélangées, les hexagénaires à la mine un peu cuite par le vin parce qu'ils ont beau lire l'Huma ils ont été vachement patriotes ce soir-là. Les gens qui sont là avec tous les signes extérieurs du prolétariat, qui sont manifestement venus parce qu'ils y croient, ou qu'ils veulent encore y croire, ou parce qu'ils seraient trop désemparés s'ils devaient admettre que... ou parce que quand on fait du syndicalisme on rencontre des quelqu'uns et des quelqu'unes... Je les trouve attendrissants. Ah, et puis pendant le concert des Marcels, en plein centre de la fosse, un mec a paumé sa chaussure en plein pogo plutôt violent. Immédiatement le pogo s'est calmé et on a fait un cercle pour retrouver la chaussure. Le mec s'est rechaussé et c'était parti. On m'avait parlé de ce genre de phénomène comportementaux chez les neurones à crêtes, mais le voir, c'est quelque chose...
Deuxième jour un peu abrégé, pour l'excellente raison que je fêtais l'anniversaire de Thiom dans l'après-midi. Un Thiom tout sensible, il a fondu en larmes à cause d'un mail gentil (ou simplement élogieux) de son thésard. J'ai préféré laisser de côté les bougies, du coup...
Ce n'est que pour le dernier concert que je suis arrivée à la fête. Pour le deuxième jour les organisateurs avaient mis en place un nouveau jeu gratuit pour tout le monde : un gigantesque atelier torchis, dans presque toutes les rues. Mais bon, on n'avait pas lésiné sur la boue, mais un peu sur la paille, je ne sais pas si c'est du bon torchis qu'on a fait ;-) Les allées ressemblaient à des banquises, avec des masses de pingouins à la démarche hésitante, bras écartés, avançant à petit pas. Un fond de Jean-Michel Jarre et on aurait presque entendu grogner les ours polaires à la prespective d'un tel festin de pingouins.
Après glissements et rétablissements in extremis, j'arrive à la scène où se produisaient les Maximum Kouette. Devant la scène, un public jeune, qui se plaignait de temps à autre du temps que prenaient les balances. Et puis quand même, ça s'est mis en place, un peu plus de guitare par ci, un peu plus de batterie par là, et voilà. Un show à tout casser. J'ai mal partout ;-) J'ai découvert un truc : sauter partout rend un pogo nettement moins effrayant. Par contre avec mes plateform-shoes, je n'ose imaginer le nombre de pieds que j'ai concassés...
J'ai remarqué dans le staff de sécurité un jeune homme avec un air très spécial. Il n'avait pas la mine patibulaire genre "tu dépasse la barrière de sécurité, tu es mort", il souriait tranquillement en regardant au-dessus de la foule qui s'agitait devant lui. Un vrai beau sourire, un sourire qui donnerait envie d'avoir le même, et de comprendre comment on peut avoir une expression pareille. Je ne sais pas si c'est la petite jeune fille au béret qui est venue lui parler à un moment, mais ça avait l'air bien. Il avait des bouchons pour se protéger les oreilles.
Avant de partir, j'ai griffoné un mot pour lui dire que ça lui allait très bien de sourire et que j'aimais son style. Je me suis frayé un chemin jusqu'aux barrières et je lui ai glissé le papier avant de m'éloigner.
J'aime dire les choses quand elles sont vraies et qu'elles peuvent faire du bien à quelqu'un. Ce serait dommage de se priver. Et puis la situation m'a plu, celle de glisser un mot à ce "sourd" souriant, tournant le dos à d'énormes enceintes qui pulsaient tout ce qu'elles pouvaient. J'ai signé Fabienne Franseuil, pour lui offrir la possibilité de venir lire ici s'il a un peu de curiosité.
Je vous parie qu'il y a un tas de mauvaises langues mal pensantes (ou non pensantes, ce qui revient au même), qui pensent que Fabienne, elle drague. La dernière fois que je l'ai fait c'était à une jeune femme brésilienne qui méditait dans un couloir du British Museum, une rencontre inoubliable... Et je leur répondrai aussi que je me suis fait la promesse que si je ne voyais plus l'intérêt de ma relation avec Nava, je le quitterais plutôt que de rester avec lui en attendant de trouver quelqu'un d'autre. Par respect pour lui, par respect pour moi, par respect pour nous, et aussi par profond dégoût de ce type de comportements. Ah, et tant que j'y pense, c'est valable aussi pour la non-exclusivité, je vous dis ça parce qu'il y a des chances que vous en entendiez à nouveau parler prochaînement (enfin, il y a encore des choses à régler avant...).
A la fête de l'Huma, ils disaient "pour des futurs d'humanité". Moi dans mon futur d'humanité, les barrières entre les gens seraient moins blindées par des codes et des angoisses de toutes sortes. Ca j'aimerais bien, entre autres. J'y travaille petit à petit.

1:00 AM

samedi, septembre 11, 2004  
Penfriend
Bon les petits enfants, je reçois trop de spam en ce moment, je suis en mal de mails un peu longs. Vous pourriez pas m'envoyer un petit quelque chose ?
(je sais, je déroge un peu à la Très Sainte Règle : "crever plutôt que de demander", mais bon...)
Demain j'essaie de vous raconter un bout de mon premier jour de la fête de l'Huma. Beaucoup de pulsions de mort, mais ce sont les pulsions de vie qui ont gagné.

1:17 AM

jeudi, septembre 09, 2004  
Caprice*
Une femme entre dans un café, commande un expresso, s'assied à la petite table carrée en formica.
Le café, une minuscule tasse blanche avec un cercle de noir parfait à l'intérieur. Elle n'a jamais aimé le café, s'en fait servir un pour avoir le plaisir de se dire encore que c'est la dernière fois qu'elle commande ça. Ca marche à tous les coups.
Elle sort une cigarette de son paquet, la range, puis la ressort. Elle devrait arrêter mais c'est un cas de force majeure. Elle reconnaît que sa vie tout entière est un cas de force majeure. Tout en retournant cette idée, elle tire une taffe, ainsi qu'un petit carnet de son sac. Le carnet des mots qui ne sortent pas. Tout ce qu'elle aimerait qu'on sache mais qu'elle ne peut dire. Et se met à écrire de son écriture penchée et nerveuse.


Je me tue à t'aimer. Je me consume de n'être pas aimée de toi. J'ai commencé à me détruire avec l'espoir au moins de t'inspirer de la pitié, à défaut d'amour. Mais tu ne vois rien. Alors cette fois-ci c'est toi qui vas souffrir. Je te comparerai à tous mes amants, je te comparerai à moi, et pire encore, je te comparerai à toi-même, celui que tu es, que tu sais très bien avoir en toi.
Pardonne-moi, ou ne me pardonne pas. Je n'ai pas vraiment le choix. Je t'ai dit un jour quelque chose, que tu as peut-être oublié. Sans le savoir peut-être, tu as entendu un serment ce jour-là. Et ce serment je l'honorerai.
Libérez les démons, et qu'à présent se fasse le noir.



Tasse vide, elle pose quelques pièces sur la table, sort sous la pluie fine. Elle chancèle un peu, puis traverse la place en ligne droite. Au clocher de Saint-Germain sonne quatre heures.

*Selon le Concise Dictionary of Art Terms de Michael Clarke, un caprice (de capriccio) est : "a painted or drawn composition combining real or imaginary architectural features in a fantasy setting.

7:10 PM

 
Trompettes de la Renommée
Ca m'a fait plaisir de découvrir que le journaliste qui m'avait interviewée ait gardé mes baffouilles pour en mettre dans son article sur les blogs dans le dernier Zurban...
Ceux qui passent souvent ici et qui me connaissent un peu auront probablement tiqué : elle essaie de rester anonyme autant que possible et elle parle à un journaliste. Eh bien on évolue un peu. C'était mon premier acte de changement. Replaçons un peu les choses dans leur contexte.
J'ai reçu un mail de cette personne le vendredi 27 août. Le 27 août dans l'après-midi, je me ratatinais à une épreuve importante pour moi à cause du stress et de la pression. J'avais tout révisé, mais j'avais oublié le plus important : la gestion de l'angoisse. Je suis sortie avec une honte énorme, l'impression d'avoir donné corps à un cauchemard éveillé que je devrai vivre jusqu'à ce que j'aie trouvé une solution. Mes pieds ne sentaient plus le sol. J'étais frappée de stupeur, j'étais en fureur contre moi, une fureur mêlée de chagrin, le chagrin de me retrouver là, écorchée vive par mes propres soins, sans défense, vulnérable comme je l'ai rarement été. Après avoir passé quelques coups de fils, je me rends au bureau de Thiom, en taxi, incapable que je suis de faire quelque chose de normal, de réfléchir suffisamment pour cela. Incapable aussi de croiser le regard des gens avec mes yeux bouffis de larmes toujours renouvelées. Au bureau de Thiom, c'est l'effervescence, il termine quelques travaux plus urgents que les autres, puis ferme la porte, les stores qui permettent de voir l'intérieur de son bureau du couloir.
Et puis on parle. Il me dit des choses qui font du bien, des choses qui sont vraies, que ça arrive à tout le monde, que de toutes façons j'ai fait ce que j'ai pu et que personne ne peut me reprocher quoi que ce soit. Et puis je parle aussi, il y a des choses qui sortent. Une certitude limpide : il est hors de question de reprendre les vieilles recettes et reprendre comme avant. Le problème est bien plus profond que ça, il touche ma manière de me percevoir, ma manière de vivre (ou de non-vivre) ma vie. C'est le moment de faire le point, de changer.
Thiom retourne à son travail, je consulte mon téléphone et j'y vois en l'allumant un message que je m'étais écrit quelques jours auparavant : "Cesse d'avoir peur".
Thiom me prête une machine sur laquelle je peux surfer. J'y consulte mon mail et je tombe sur le mail du journaliste de Zurban. Dans ma boîte à mails, le mail d'un certain Nicolas Reynaud. Nicolas, donc, tu m'as fourni l'opportunité de faire le premier pas dans le changement. J'ai bien sûr pensé tout de suite "oh c'est très flatteur mais je répondrai pas". Quand on doit s'attaquer à un changement important, une bonne méthode est de prendre son impulsion première, et de faire exactement le contraire.
Oui sauf que j'avais versé tant de larmes, j'étais tellement azimutée que c'est une fille éteinte, mais déterminée, qui a appelé Nicolas Reynaud. Je lui ai présenté mes excuses pour le côté un peu pâteux et peu sipide de mes élucubrations, mais je me sentais tellement... éteinte...
Voilà, dans le détail, pourquoi je suis particulièrement contente de voir ces pages de Zurban déployées devant moi. Merci à l'auteur, et bien entendu, à celui qui l'a conseillé... :-)

1:09 AM

mercredi, septembre 08, 2004  
Animal de laboratoire
Très désagréable impression que tout ce que je fais pour me sentir bien est dû à ce putain de quart de machin truc que j'ai avalé hier soir. Vexant, je vous disais.
Aller à la piscine, faire des longueurs (on ne peut plus faire que ça à la piscine qui se trouve près de chez moi maintenant). J'ai les jambes qui flageollent, je suis contente.
Demain je suis fixée sur mes douleurs aux poumons, qui auraient peut-être un rapport avec le fait que j'ai fumé comme un pompier pendant un ou deux mois.
J'adopte le jus de tomates et le Perrier-rondelle de citron en soirée. Je compte bien lancer la mode ;-) Vous devriez essayer, c'est trooop hyype. (comment ça je convaincs personne ?).
Ce week-end je vais à la fête de l'Huma. Je fête son anniversaire à Thiom. Et un de ces quatre je voudrais aller danser sur du vrai bon rock (si vous avez des plans dans ce genre, ça m'intéresse, les soirées Oui-fm ont trop changé pour me convenir encore). Et puis je voudrais rencontrer des gens.
Ca fait quand même vachement de bien d'être crevée par une séance de piscine plutôt qu'à cause des larmes.

3:56 PM

mardi, septembre 07, 2004  
Nouvelle sous Lexomil
Pour vous dire combien ça va bien en ce moment, je suis allée voir mon médecin pour une histoire de poumons, et il m'a collée sous Lexomil. C'est la fête.
Je suis vexée, si vous saviez... Non que je considère les gens qui prennent du Lexomil pour la lie de l'humanité, mais moi avec mes petites idées de volontarisme de merde, un de mes buts c'était de pas en arriver là, de me débrouiller toute seule comme une grande. Manifestement je n'y suis pas arrivée... Enfin, je comprends très bien pourquoi il m'en a prescrit, c'est presque étonnant qu'il ne l'ait pas fait plus tôt.
Voilà. Vous êtes sur le blog tout coloré d'une fille qui va prendre du Lexomil pendant un mois. Vous voyez un paradoxe ? Je ne sais pas. Je me la jouerais trop daark à échanger mon layout coloré contre un layout noir, je n'aurais pas l'impression d'être plus honnête. Vous n'avez qu'à faire plus attention.
Damned, il y en a des choses, à réformer. J'aimerais bien n'en prendre qu'un mois, du Lexomil.
Ca m'aura au moins permis de constater que j'ai moins honte d'aller acheter des capotes et du lubrifiant chez mon pharmacien, même un gode-ceinture dans un sex-shop, que d'aller présenter cette ordonnance de mon médecin audit pharmacien...

3:51 PM

samedi, août 28, 2004  
Journée de cauchemard
J'ai flanché. J'ai pourtant fait des choses bien plus difficiles, mais...
J'ai pas mal de choses à réfléchir, et ça ne touche pas que la préparation à ces épreuves. C'est tout un processus à lancer. Au terme duquel je dois être mieux dans ma peau et avoir ce concours. Ca a l'air contradictoire mais en y regardant de plus près ça converge vers les mêmes mesures.
De toutes façons je ne peux pas passer une autre année comme celle que je viens de passer.
Je suis en vacances. Et je compte bien en profiter pour changer tout ça. Pour l'heure je pars à Bordeaux.

10:17 AM

vendredi, août 27, 2004  
"Demain, demain, j'emmerderai le monde"
Demain c'est la dernière épreuve. Comme je ne sais pas ce que valent mes copies (ça dépend de tant de choses...), je me dis qu'il faut encore mettre tout le paquet.
Ma recette, c'est prendre de la distance par rapport à ma version (épreuve de langues), faire gaffe à bien traduire tous les mots (ça a l'air con comme ça mais je vous assure que c'est pas évident quand on n'a pas trop le temps de vérifier), et puis écrire du français.
Fabienne qui invente le fil à couper l'eau chaude. C'est quand même curieux que les meilleurs conseils soient aussi ceux qui sont les plus difficiles à suivre...
Après ? Après je sais pas. Après c'est un bout de vacances, un vrai. Et puis je reprendrai les révisions au cas où pas miracle je serais admissible...
Dire qu'il faut que j'attende jusqu'à fin octobre pour savoir si j'ai raison de continuer à m'accrocher... Faut-il que j'aie envie que des drôles de garçons m'appellent Loukoum ;-)

12:01 AM

vendredi, août 20, 2004  
L'appel au rail
Je vous préviens, je n'ai rien de très précis à dire, ça risque d'être assez décousu...
On sent bien que j'ai besoin de ces quelques jours : même trier les papiers pour lundi, quand je rentrerai, me semble une activité bien rébarbative. C'est les vacances !
Départ après onze heures. Un sac à dos. Quelques fringues, un bouquin, je sais pas où j'ai mis mes lunettes de soleil. J'en porte pas d'habitude mais là ça me tenterait bien. J'ai vu un carré de soleil bleu par la fenêtre de la cuisine.
"The cigarette is burning, but it never seems to ash". J'ai l'impression d'être prise dans un mouvement centrifuge qui ne s'arrêtera probablement jamais, un mouvement où l'on n'est plus pensée, où l'on n'est plus que mouvement, action pure, où l'on oublie presque la raison pour se fondre dans l'action, le mouvement.
Je vous assure que je suis à jeûn.
Je pars jusqu'à lundi après-midi à Bordeaux. Je sais pas ce que je vous souhaite mais je vous le souhaite ébourriffant (avec les deux r et les deux f), à la hauteur de vos ambitions les plus inavouées.
Kobal2 vous invite à une TouzeCarnet. Il paraît que vous aimez vous mélanger, profitez-en, ça mettra peut-être de la vérité dans des rapports parfois un peu trop complexes. En même temps je dis ça, je n'en sais rien, vous savez bien que je n'appartiens pas à la blogosphère.
C'est bien dommage que le sexe, aussi puissant soit-il, n'abolisse pas vraiment les frontières entre les gens. Sinon je mettrais une gigantesque bannière ici pour vanter l'évènement. Ouaaaaaa, un groupe où les gens se parleraient pour de vrai. Révolutionnaire.
Ich will nach oben, genauso wie du
komm doch mit 'rein und stell' dich dazu.
Wir kennen uns doch gar nicht - ist auch egal,
Einmal ist immer das erste mal

Die Prinzen - Liebe im Fahrstuhl. (je sais pas pourquoi mais cette chanson me semble coller absolument à l'occasion).

8:17 AM

mercredi, août 18, 2004  
C'est bientôt fini les montagnes russes ?
Il m'appelle ce midi, il trouve les mots, l'étau se desserre. Le lien se renoue.
Thiom m'appelle juste après, me dit qu'il ne faut pas que je m'inquiète, me dit que si j'ai besoin j'appelle.
Claude m'appelle à l'instant pour savoir ce qui pourrait me faire plaisir chez les Chinois.

2:16 PM

 
Mystère ?
Parfois j'aimerais, je voudrais, tellement...
Ce n'est pas de vacances dont j'ai besoin. Ce n'est pas de sexe dont j'ai besoin. Ce n'est pas de fumer dont j'ai besoin, ni de pleurer d'ailleurs. Ce n'est peut-être même pas d'avoir ce concours.
Ce dont j'ai besoin c'est d'un profond sentiment de plénitude, de compréhension.
Je me suis beaucoup battue et je dois encore me battre. Ce que je voudrais c'est qu'on me ramasse doucement, qu'on ne me fasse pas tomber, et que me revienne cette confiance qu'on voit chez les enfants quand ils s'endorment sur l'épaule d'un adulte. Et que cette confiance, cet abandon, se renouvelle encore et encore.
C'est à la fois très simple et très compliqué.
Le répétez pas : je suis très fatiguée.

12:34 AM

mardi, août 17, 2004  
Ca vous arrive jamais...
... de rêver le monde tel qu'il devrait être ?
Et de faire quelque chose parce que c'est comme ça qu'on sent en soi-même que c'est beau, que c'est bien ?
Sans définir son comportement en fonction des autres, mais en suivant seulement cette conviction qu'on a parfois que c'est ça qu'il faut faire ?
Pense à toi, rends-toi beau, rends toi belle, oublie tes mesquineries et celles des autres, tes frustrations, romps le cycle du don et du contre-don, prends de l'altitude. Manifeste toi dans le monde dans toute ta splendeur, avant que tes yeux ne perçoivent plus de lumière, plus de couleurs, et que le monde n'existe plus pour toi. Rappelle toi que tu vas mourir, que personne ne viendra te prendre par la main pour t'emmener sur un nuage, que ça n'aura rien de grand, rien d'héroïque, que personne à part tes proches ne s'en souciera.
Alors en attendant, à défaut de faire quelque chose d'utile, fais quelque chose de joli...
C'est valable pour toi aussi, Fabienne. Avant tout.

12:25 PM

mercredi, août 11, 2004  
Un pédiluve
Oui, c'est bien ça : mes posts en ce moment n'ont pas la profondeur d'un pédiluve. Ils sont descriptifs, ils sont répétitifs. Je me permets de faire ce que je m'interdis d'ordinaire : venir ici sans avoir quelque chose de précis à dire, parce que je ne parle pas beaucoup en ce moment, parce que pour un tas de très bonnes raisons je garde des trucs rentrés et qu'il faut que le malaise sorte quand même.
Du coup on pourrait faire un générateur de mes derniers posts, il suffirait de mettre tout le vocabulaire du malaise latent, tout le vocabulaire de la résignation et de la volonté, un fond d'ironie, ce qui relève du champ lexical des révisions et tout ce qu'on peut trouver dans 20m carrés d'une chambre d'étudiante, et ça devrait coller à peu près.
A peu près parce qu'il reste les pétages de cable qui sont difficiles à prévoir. Quand par exemple je relisais mes fiches et que j'apprenais avec délices que pour Wagner la 5e symphonie de Beethoven était une oeuvre d'art total, c'est difficile de prévoir que me reviendrait en tête un souvenir de quand j'avais 14 ans. "Bite au vent", c'est comme ça que les mecs de la classe comprenaient l'auteur de la 5e symphonie. Et ils en avaient fait leur cri de guerre, quand ils faisaient le tour de la classe avant de ressortir aussi sec.
Et de me dire que s'ils étaient largement barrés, ces mecs n'avaient peut-être pas tout faux.
Si je les avais suivis, les mains de ce prof dégueulasse ne m'auraient pas malaxé les épaules...

10:10 PM

 
Petits calculs
Je viens de réaliser qu'en moyenne je bosse plus de 11h par jour. Ca ne laisse pas grand place au reste.
Tout à l'heure j'ai dû m'arrêter et m'allonger : j'étais tellement survoltée par mes trucs et mes machins, la perspective de refaire une dissert cet après-midi, que mes jambes avaient du mal à ne pas trembler. J'avais pas pris mon comprimé de "je-ne-sais-quoi-mais-c'est-que-du-naturel", celui que je prends le matin et dont j'avais jamais vraiment compris l'utilité. C'est la deuxième fois que je l'oublie en peu de temps et à chaque fois je suis moins "peace" quand je l'ai pas pris. Rien de bien grave, j'ai juste un état d'esprit plus accentué dans les extrêmes. Ce truc me nivelle un peu mes émotions. Je n'ose imaginer ce que ça serait sans ;-)
Un jour il faudra que je fasse le point sur tout ça et que je décide de la suite à donner à ma vie. Je ne devrais même pas penser à tout ça maintenant. Pour le moment ma vie c'est 20 mètres carrés avec un bureau, des bouquins, des notes, des piles de dossiers. Le tout à finir d'engloutir et de maîtriser huit-neuf jours, sans le bureau si possible (il m'arrive d'être un peu distraite ces derniers temps).

2:54 PM

lundi, août 09, 2004  
Equilibre
Ma gynécologue m'appelle ce midi. Inquiète elle était du taux de sang dans mon sucre. Non, quand même, j'en suis pas là, mais bon. Elle me dit de faire attention. Je lui demande, avec une vague idée de ce qu'elle va me dire, ce qu'elle me suggère de faire. Ce qui est très drôle dans cette liste, c'est qu'en plus d'être exactement à l'image de ce que je pensais, elle touche justement les aliments que je tiens déjà sous haute surveillance. Sauf quand je suis déprimée.
Ca ressemble à une gentille invitation à fumer, ça. Comment compenser tout le stress, et les déceptions dont la vie me gratifie parfois ? J'ai bien pensé à d'autres solutions, mais elles ne sont pas vraiment adaptées à moi et du coup il y a fort à parier que ça ne marchera pas.
Je m'en fous, moi j'ai fait une belle dissert, et je suis sur les sentiers de la gloire. Ou presque. Alors...
Et puis mon amoureux il me dit qu'il m'aime pendant que je travaille, alors...
EDIT : j'étais partie avec l'idée de parler de l'équilibre de mes tares (sombrer dans le sucre, ou la fumée ou je ne sais quoi pour oublier/compenser), et puis j'ai un peu perdu le fil... Du coup mon titre me semble clocher un peu...

8:05 PM

samedi, août 07, 2004  
Caprice
-J'ai prié pour vous.
Il vient de s'asseoir sur le banc à côté de moi. Il porte des vêtements gris.
-A quelle église ?
-Saint Paul.
-Ah, je n'arrive plus à me souvenir de la date de consécration de celle-ci. Je n'y arrive pas, je m'emmêle les pinceaux à partir de la troisième église parisienne. De toutes façons c'est à sainte Rita que vous auriez dû vous adresser... et à Ganesh aussi...
-Tu sais bien ce que j'en pense ; à propos, pourquoi tu ne me tutoies plus ?
-Peut-être la différence culturelle ? Honnêtement je ne sais pas.

Voilà. Je suis cernée par les chrétiens depuis plusieurs mois. Parfois même ils se disent catholiques (là, j'ai un peu de mal, être catholique ça implique souvent des idées qui me choquent encore et toujours...). Je ne crois pas que ça soit le cas d'Alun et Nielle. J'avoue être très mal à l'aise d'emblée face à cette religion très précisément. Parce que j'ai été élevée dedans et que j'ai du mal à m'en défaire (week-end de la Pentecôte, et tout ce genre de choses). Parce que j'ai cru en dieu. Parce que j'ai un rapport à la fois très simple et relativement trouble avec la divinité. Parce que certains de ces gens sont parfois tellement gentils que parfois on en oublierait presque ses convictions.
Alun et Nielle sont partis en voyage avec moi, c'est là qu'on s'est rencontrés. Je ne peux pas vous raconter en détail mais ce sont vraiment des gens fascinants, qui insuffleraient la foi en l'humanité et en l'amour à un bout de bois. Quand on les voit ensemble, ils sont beaux. C'était ce qu'on avait remarqué chacun de son côté, tonton Pierre et moi.
Je ne sais plus quel âge ils ont exactement, mais ils ont un feu qui fait sembler bien ternes les gesticulations de bien des gens de mon âge. Des gens qui font passer la peur de vieillir pour une idée presque puérile...
Ils viennent demain déjeûner avec moi.

9:30 PM

 
Je suis un bateau
Allez, faisons un peu dans la métaphore filée et fleurie à souhait. Je suis un bateau. Je m'imagine avec une coque en bois sur laquelle s'accrochent les algues et les coquillages, autour de laquelle tournent des petits poissons en quête d'amusement et d'un petit quelque chose à manger. Si c'était possible j'aimerais bien avoir une figure féminine qui fende fièrement l'écume à ma proue. Elle me plairait bien cette figure. Même si moi je ne suis qu'un bateau.
J'ai beau savoir que je suis tout petit dans l'immensité de l'étendue de l'océan, je n'ai pas moins la coque qui grince et craque...
Ouioui, tout ça pour ça.
Vous savez, je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit, alors j'écris un peu n'importe quoi. Faut faire attention, mais peut-être pas à ce que je suis en train d'écrire. Bref.
J'ai passé la nuit à osciller entre de vaines tentatives de m'endormir et cette question sans réponse de ce qui se passait, de ce que ça signifiait, et de ce qui allait se passer ensuite. Qu'il y avait quelque chose de vraiment bizarre, de pas "logique" dans tout ça. Que ça ne devrait pas se passer comme ça. Je sais bien qu'il y a bien plus important, mais pour une fois j'use de mon égoïsme sans vergogne.
J'ai fini par avoir Nava au téléphone. Il m'a appelé ce matin et pas cet après-midi ou ce soir. J'ai tenté de dire les choses simplement, d'expliquer et de comprendre. A mon avis ça se reproduira probablement pour plusieurs raisons, mais du moins ça va mieux. Et puis quand ça se reproduira je serai peut-être dans une autre situation que celle-ci. Dans le contexte actuel, blessée je ne réponds plus de grand chose.
C'est dur. Mais je vais bien finir par arriver quelque part.
En attendant si vous êtes désoeuvré(e) etque vous avez envie de changer vos habitudes musicales, moi je suis souvent là-bas à écouter la musique de ce film précisément. J'espère que vous pourrez écouter sans problèmes... Vous je sais pas, mais moi c'est un des trucs qui me propulsent loin, très loin.

3:03 PM

 
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